Cultiver la paix en milieu scolaire

18 septembre 2012

Cultiver la paixCette année, la journée nationale de la paix en milieu scolaire a pour moi une résonnance particulière. Les événements récents de l’actualité québécoise, notamment l’attentat commis lors de la soirée électorale du 4 septembre et qui a fait un mort, ont plongé le Québec tout entier dans un climat de profond malaise dont j’ai fait état dans un précédent billet.

Hier, à la veille de la journée pour la paix en milieu scolaire, trois élèves armés d’un pistolet à air comprimé ont été arrêtés dans la cour de l’école secondaire Jacques Rousseau de Longueuil. La police est intervenue à temps, et ce n’est pas un hasard.

Il me semble important de mentionner que les écoles québécoises ne sont plus démunies lorsqu’une telle situation se produit. En effet, la Table de concertation sur la violence, les jeunes et le milieu scolaire, dont la CSQ fait partie, a collaboré étroitement avec les services de police pour mettre en place un protocole d’intervention d’urgence de confinement barricadé pour faire face à des situations de tireur actif. C’est ce protocole d’intervention qui a été mis en place à cette école secondaire et qui a contribué à éviter un drame. Cet exemple illustre bien que nous pouvons travailler à faire de nos établissements d’enseignement des établissements sécuritaires.

Combattre la violence

Comment le Québec, une société profondément pacifiste et sécuritaire, peut-il être le théâtre d’événements aussi dramatiques ? Plusieurs questions restent sans réponses, mais une chose est certaine, nous ne sommes pas à l’abri d’incidents malheureux.  Tous conviendront qu’il n’est pas souhaitable qu’une culture de la peur s’installe dans les écoles du Québec. La violence peut prendre plusieurs formes. Parfois, elle conduit à des incidents tragiques, mais souvent elle prend des formes plus insidieuses et moins spectaculaires. Je parle ici de la violence verbale et de l’intimidation que trop de jeunes subissent au détriment de leur épanouissement personnel et de leur succès scolaire. Quelle qu’en soit la forme, il faut combattre la violence en œuvrant à instaurer une culture de la paix, dès la petite enfance et tout au long de la vie.

Inciter les jeunes à l’action

Fort de ses vingt ans d’existence, le réseau des Établissements verts Brundtland (EVB-CSQ), mis en place par notre organisation, contribue à instaurer cette culture de la paix en faisant la promotion d’une société écologique, pacifique, solidaire et démocratique. Les relevés de réalisation des centaines d’écoles et d’établissements qui font partie du mouvement EVB montrent un accroissement du nombre de gestes posés par des jeunes pour instaurer une culture de la paix : minute de silence pour la paix, textes, recherches, pièces de théâtre, participation aux programmes « Vers le pacifique » et « Différents mais pas indifférents », recherche de solutions par les jeunes et pour les jeunes pour vaincre la violence, etc.

Mettre en place des projets concrets

La lutte à la violence dans les écoles n’est pas qu’une affaire d’élèves ou d’étudiants. Cela concerne les commissions scolaires, les directions d’établissements publics et privés et l’ensemble du personnel, comme le reconnaît la nouvelle Loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école.

De notre côté à la CSQ, nous travaillons à mieux outiller le personnel de l’éducation à gérer les situations de violence auxquelles il peut avoir à faire face. À cette fin, nous avons produit, en concertation avec des chercheurs universitaires, un guide de prévention et d’intervention contre la violence envers le personnel de l’éducation.

Nous avons aussi, en collaboration étroite avec la Fondation Jasmin Roy, mis en place des projets pilotes prometteurs de lutte à la violence dont j’aurai l’occasion de faire le  bilan prochainement au cours d’une conférence de presse. Il y a aussi de ce côté des avenues qu’il nous faut explorer davantage.

Il est sans doute illusoire de prétendre éradiquer complètement la violence à l’école, mais cela ne doit pas nous empêcher de poser des gestes concrets pour promouvoir la paix et la sécurité dans nos établissements scolaires et dans la société en général. La CSQ contribue, à sa façon, à poser sa pierre dans l’immense édifice de la paix : une œuvre humaine toujours inachevée, mais néanmoins indispensable à notre vivre-ensemble.


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