Investir en éducation en temps de crise

19 septembre 2012

Logo de l'OCDEDans une majorité de pays industrialisés (19 sur 32) les dépenses en éducation en tant que pourcentage des dépenses publiques totales a diminué à la suite des mesures d’austérité mises en place pour faire face à la crise économique. Cette orientation serait une mauvaise voie à emprunter. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est ce que soutient l’Organisation de la coopération et de développement économique (OCDE) dans le rapport publié la semaine dernière intitulé Regards sur l’éducation 2012.

« La récession mondiale a eu pour effet d’élargir le fossé entre les gens scolarisés et les personnes peu instruites »

Dans plusieurs pays, on a assisté à un désinvestissement en éducation. Ce désinvestissement s’est traduit de manières diverses : par des coupures dans les services éducatifs, des réductions de salaire des enseignantes et enseignants et du personnel de l’éducation, des attaques aux régimes de retraite, des augmentations des frais exigés des parents et des hausses des droits de scolarité. Selon l’OCDE, la récession mondiale a aussi eu pour effet d’élargir le fossé entre les gens scolarisés et les personnes peu instruites. Cette situation plaide en faveur d’investissements publics accrus en éducation.

« Il est absolument essentiel de lutter contre les inégalités
dès le tout début de la scolarisation »

D’après cet organisme, « Il est absolument essentiel de lutter contre les inégalités dès le tout début de la scolarisation ». Le rapport affirme donc que l’accès à l’enseignement préscolaire devrait être élargi en raison de l’impact significatif de cette mesure sur la poursuite des études pour les enfants issus de famille à faible revenu, un constat confirmé par de multiples travaux de recherche.

« Dans de nombreux pays, les familles ont  été accablées
par l’accroissement des frais de scolarité »

De plus, l’organisme rappelle que dans de nombreux pays, les familles ont été accablées par l’accroissement des frais de scolarité, une tendance qui, selon le rapport, peut gêner la réussite scolaire et la poursuite des études. « L’OCDE met en garde contre le fait que l’augmentation du coût de l’accès à l’enseignement supérieur, pour de nombreuses familles, n’empêche les pays d’atteindre leurs propres objectifs en matière d’élévation du niveau de formation de leur population ». Ça ne vous rappelle pas un des enjeux du printemps érable ?

« L’OCDE plaide pour
un réinvestissement public en éducation »

L’organisme international plaide pour un réinvestissement public en éducation afin de faciliter la sortie de crise pour des raisons strictement économiques puisque le niveau de formation d’une population et la croissance économique semblent plus que jamais interreliés. On ne saurait trop lui tenir rigueur de cette approche, compte tenu de sa mission première. Toutefois, pour ma part, j’estime qu’un investissement public accru est indispensable non seulement pour des considérations économiques, mais aussi  pour assurer le droit des citoyens à l’éducation. Le droit à une éducation de qualité pour tous quelle que soit leur origine sociale.

Au Québec, le gouvernement du parti libéral avait annoncé l’année dernière des compressions de plusieurs centaines de millions dans le réseau de l’éducation. Ce rapport confirme nos analyses à l’effet que ce choix économique à courte de vue aura une influence néfaste pour la société en général et pour la relance économique. Il n’est pas trop tard pour faire marche arrière et renoncer à ces mesures d’austérité qui se traduiront inévitablement par une réduction des services à la population comme ont déjà commencé à le rapporter certains médias un peu partout au Québec et, notamment, dans la région de Laval.


Liens

Regards sur l’éducation 2012

Compressions budgétaires à la Commission scolaire de Laval : la réussite des élèves compromise

Internationale de l’éducation