Halte aux compressions budgétaires en éducation !

12 novembre 2012

Halte aux compressions budgétaires en éducation !À la mi-octobre, l’Internationale de l’Éducation (IE), dont la CSQ est membre, organisait à Bruxelles un séminaire intitulé L’Éducation en crise. À cette occasion, des délégués syndicaux de l’enseignement d’une centaine de pays se sont réunis pour faire le point sur l’impact de la crise économique sur les systèmes d’enseignement et, aussi, pour déterminer des pistes de solution. D’un continent à l’autre, les délégués ont constaté que la situation est très préoccupante, même si les mesures d’austérité prennent une forme et une intensité très variables selon les régions.

« Les systèmes d’enseignement dans le monde font les frais d’une crise provoquée par la cupidité du monde de la finance » 

Dans plusieurs pays, on constate des fermetures d’écoles et de programmes, des augmentations de frais d’inscription (ça vous dit quelque chose…), des diminutions de services. On observe aussi d’importantes détériorations des conditions de travail du personnel de l’éducation qui se manifestent par des augmentations de la charge de travail, des attaques aux régimes de retraite ou, encore, des gels ou des diminutions de salaire. Bref, les systèmes d’enseignement dans le monde font les frais d’une crise provoquée par la cupidité du monde de la finance ! Cette situation, décrite par les délégués au séminaire organisé par l’IE, remet en cause la qualité de la formation des générations futures et aussi notre avenir collectif. Tout cela, au moment où maints observateurs signalent que le manque de qualification des jeunes se dresse comme un obstacle insurmontable à leur insertion sociale.

« Les États doivent reprendre leur rôle de régulateur de l’économie »

Plusieurs spécialistes invités au séminaire ont signalé que les mesures d’austérité ne font que ralentir l’économie et aggraver la crise. Selon ces derniers, on ne peut regarder uniquement les dépenses, il faut accroître les revenus en instaurant une meilleure progressivité du régime fiscal, en luttant contre les paradis fiscaux et la corruption, et en taxant les transactions financières. En effet, comment exiger des sacrifices de la population, sans alimenter un profond sentiment d’injustice et de révolte, quand les États complices ferment les yeux sur ceux qui ont les moyens d’éviter d’assumer leur juste part par des acrobaties fiscales ? D’ailleurs, cette révolte se manifeste déjà en Europe. Pour la première fois dans l’histoire, une grève générale annoncée pour le 14 novembre sera coordonnée dans les quatre pays européens les plus durement touchés par les mesures d’austérité : la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. De plus, des actions diverses de protestation auront lieu dans une dizaine d’autres pays, notamment en France, en Belgique, au Royaume-Uni, en Autriche et au Danemark. 

« Des compressions budgétaires dans les services publics et en éducation peuvent avoir pour effet d’amplifier la crise »

À l’heure où la récession menace chez nos voisins du Sud et que les finances du Québec semblent mal en point, il est sans doute utile de ne pas oublier que des compressions budgétaires dans les services publics et en éducation peuvent avoir pour effet d’amplifier la crise, comme le soulignait l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport récent dont je faisais état dans un précédent billet en septembre.


Liens

Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour Tous (UNESCO)

L’éducation en crise (IE)

14 novembre mobilisation de l’Europe lors d’une journée d’action de solidarité

Investir en éducation en temps de crise