Nouvelles places dans les services de garde : des libéraux toujours aussi arrogants

14 novembre 2012

Nouvelles places dans les services de garde : des libéraux toujours aussi arrogantsCe n’est pas parce que Jean Charest n’est plus à la tête des libéraux que l’arrogance qui a caractérisé son règne s’est évanouie pour autant. Le Parti libéral du Québec (PLQ) en a fait une brillante démonstration cette semaine par sa réaction à l’annonce, par le gouvernement Marois, de la création de 28 000 nouvelles places à 7 $ dans les services de garde.

Il faut lire le communiqué de presse émis par la porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, Danielle St-Amand, pour constater tout le sans-gêne dont ce parti politique est encore capable. Car il faut être effronté, c’est le moins qu’on puisse dire, pour s’inquiéter du financement de ces nouvelles places, quand on sait que ces mêmes libéraux, de leur temps, trouvaient normal que la ministre Michelle Courchesne attribue une bonne part des nouvelles places à de bons donateurs à la caisse du PLQ.

Des abattoirs… aux services de garde

Pas plus tard qu’il y a un an, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, publiait d’ailleurs un percutant rapport blâmant sévèrement la ministre de la Famille de l’époque, Michelle Courchesne. Celle-ci n’avait pas hésité à aller à l’encontre des recommandations de ses fonctionnaires pour attribuer un nombre important des nouvelles places subventionnées à des propriétaires d’abattoirs qui n’avaient aucune expertise dans le domaine de la petite enfance, et dont le seul mérite avait été d’engraisser généreusement la caisse du Parti. C’est drôle comme les libéraux montraient beaucoup moins de scrupules sur l’utilisation des fonds publics que c’est le cas aujourd’hui au moment où les nouvelles places sont attribuées afin de répondre aux besoins réels des jeunes familles.

Une politique familiale orientée… par les dons au parti

Et les libéraux poussent leur cynisme encore plus loin en reprochant au PQ d’avoir développé, par le passé, un réseau de garderies à l’aveuglette. Là-dessus, il faut leur donner raison. Lorsque la ministre Courchesne distribuait les nouvelles places, rien n’était laissé au hasard… les dons au PLQ pesaient lourd dans la balance. Mais on était bien loin d’une véritable politique familiale cherchant à répondre aux demandes de la population sur le terrain, telle que prônée aujourd’hui par la critique de l’Opposition officielle.

Le paradis libéral des copains d’abord

Et comme si ce n’était pas suffisant, le PLQ conclut son communiqué de presse, montant ainsi d’un cran supplémentaire l’indécence libérale, en osant écrire textuellement que « c’est sous le gouvernement de Jean Charest, que le Québec est véritablement devenu le paradis des familles ». On en rirait si ce n’était pas si triste.

Il suffit de se rappeler l’expulsion embarrassante du caucus libéral de Tony Tomassi. Un ministre qui se montrait trop « libéral », sans jeu de mots, avec la distribution des permis en fonction des dons faits au PLQ.

Si les libéraux avaient le moindre respect pour la simple vérité, ils auraient plutôt conclu leur communiqué de presse, rappelant leurs hauts faits d’armes pour la gestion de l’attribution des nouvelles places subventionnées, en écrivant ce qui suit : « C’est sous le gouvernement de Jean Charest, que le Québec est véritablement devenu le paradis des copains d’abord ».

C’est ce qu’écrivait d’ailleurs le chroniqueur de La Presse, Vincent Marissal, dans une chronique datée du 1er décembre 2011 intitulée « La garderie ’’Les copains d’abord ‘’ ». C’était il y a moins d’un an et nous sommes nombreux à ne pas l’avoir oublié.

Une petite gêne qui serait de mise

Dans ce contexte, je recommanderais aux libéraux de se garder une petite gêne, dans l’avenir, avant d’intervenir sur un sujet aussi sensible pour leur propre crédibilité…


Liens

À quel coût ces nouvelles places en garderie ?

La garderie « Les copains d’abord »