Finie la règle des 15 ans !

14 janvier 2013

Finie les 15 ans !À quand un régime universel entièrement public ?

C’est aujourd’hui (lundi) qu’entre en vigueur la décision du gouvernement du Parti québécois d’abolir la règle des 15 ans qui permettait le remboursement des médicaments brevetés (beaucoup plus chers) au détriment des médicaments génériques. C’est là un grand pas dans la bonne direction. Par cette seule mesure, Québec économisera 150 millions de dollars par année sur ses dépenses en médicaments .

Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux, et l’ensemble du gouvernement de Pauline Marois doivent cependant franchir un pas de plus en dotant le Québec d’un régime universel d’assurance médicaments qui soit entièrement public.

Le coût des médicaments, le trou sans fond du budget de la santé

Il faut rappeler que le Québec est la province avec le coût de médicaments par habitant le plus élevé au Canada (un coût annuel de 7 milliards de dollars !). En fait, plus de 25 % de la croissance des coûts de santé au Québec est due à la hausse du coût des médicaments. Ce dernier est le poste budgétaire le plus inflationniste des finances publiques en matière de santé et de services sociaux.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande et d’autres pays ont adopté des régimes universels d’assurance médicaments et les prix y sont de 24 % à 48 % inférieurs à ceux du Québec. La croissance des coûts dans ces pays est de deux à trois fois moindre. Cela apporte de l’eau au moulin au projet de Pharma-Québec mis de l’avant par Québec solidaire. Ce projet prévoit un pôle d’achat de médicaments et de recherche en vue de diminuer les coûts de santé. Porter un tel projet avec Québec solidaire prouverait que le Parti québécois est capable de placer l’intérêt collectif devant l’intérêt partisan.

Un régime universel public serait payant pour le Québec

Dans une étude effectuée en 2010, Marc-André Gagnon , professeur à l’Université de Carleton, a clairement démontré que le Québec économiserait près de 1 milliard de dollars, soit 14 % de ses dépenses, en instaurant un régime universel public d’assurance médicaments. C’est énorme ! De quoi financer un manque à gagner dans les services de santé et les services sociaux, et un moyen d’éliminer la contribution santé, elle-même fort inéquitable pour les contribuables.

Un régime universel d’assurance médicaments devient donc une priorité des finances publiques.De plus, il donnerait à l’État les leviers nécessaires pour mieux contrôler les pratiques outrancières de mise en marché des compagnies pharmaceutiques.

Par ailleurs, l’émission La Facture diffusée le mardi 8 janvier 2013 sur les ondes de la télévision de Radio-Canada a mis en lumière les importants problèmes d’iniquité engendrés par le régime hybride d’assurance médicaments au Québec.

Depuis son élection, le gouvernement de Pauline Marois nous dit qu’il manque d’argent. Voilà une solution possible qu’il faut absolument explorer !


Projet de loi de Québec solidaire sur la création de Pharma Québec

Rapport de recherche de Marc-André Gagnon

Émission La Facture, 8 janvier 2013