Mieux détecter les risques liés à l’amiante

21 janvier 2013

Mieux détecter les risques liés à l'amianteLe journal La Presse, dans son édition du 16 janvier 2013, rapporte qu’un projet de règlement visant à mieux protéger les travailleuses et les travailleurs susceptibles d’être exposés à l’amiante. Ce projet fait présentement l’objet de consultations publiques à la suite de sa publication dans la Gazette officielle du Québec à la toute fin du mois de décembre dernier. Notre Centrale accueille positivement ce projet, comme l’indique d’ailleurs La Presse. Il y a longtemps que nous réclamons plus de transparence au regard de cette substance reconnue comme dangereuse sous toutes ses formes et encore responsable d’une centaine de décès par année.

Sommairement, ce projet vise, entre autres, à obliger les employeurs dont un ou des bâtiments contiendraient de l’amiante à localiser celui-ci et à procéder à des inspections et à des vérifications permettant d’en établir l’état. Les résultats de ces inspections et vérifications devront être consignés dans un registre mis à la disposition des travailleuses et des travailleurs et de leurs représentantes ou représentants. Le projet oblige également les employeurs à prendre les mesures de correction appropriées lorsque des poussières d’amiante sont susceptibles d’être émises dans l’air, notamment en raison de l’état des matériaux visés par le règlement. Ils devront aussi adéquatement informer toute personne qui planifie ou qui s’apprête à exécuter des travaux susceptibles d’émettre de la poussière d’amiante, laquelle devra à son tour informer tous les travailleurs et les travailleuses susceptibles d’y être exposés. Le gros bon sens quoi !

L’amiante n’est pas qu’un problème de mineurs

Même dans les services d’éducation, de santé et de services sociaux, on déplore des décès des suites d’une exposition professionnelle à l’amiante. Il n’est pas question ici des travailleurs de l’industrie minière qui ont mené de longs combats pour sécuriser leurs milieux de travail. On parle ici d’employées et d’employés d’entretien, de bureau, de cafétéria ou, encore, d’enseignantes et d’enseignants qui, bien loin des régions productrices d’amiante ou des secteurs d’activités reliés à l’extraction ou à la transformation de l’amiante, ont contracté une maladie caractéristique d’une exposition à cette fibre largement utilisée dans divers matériaux ou procédés de construction jusque dans les années 1990.

Ces maladies, le mésothéliome ou l’amiantose, se développent très lentement et leurs symptômes ne font leur apparition que très tard dans la vie des personnes atteintes. Trop souvent, on ne peut les diagnostiquer avec certitude qu’après le décès des travailleurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 107 000 personnes sont décédées des suites de maladies liées à l’amiante dans le monde. Quand on s’attarde aux chiffres fournis par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), on réalise que 86 % des décès liés à l’amiante reconnus et indemnisés par la CSST entre 2006 et 2009 touchent d’autres secteurs que celui des mines.

Un registre pour protéger le public et les travailleurs

Comme d’autres organisations, la CSQ a des modifications à proposer au projet de règlement et les transmettra par l’entremise du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), où un comité technique procède à son analyse plus fine. Entre autres, nous continuons à demander la création d’un registre national qui pourra être constitué à partir des registres que les différents employeurs concernés devront tenir. Ce registre national est nécessaire dans une perspective de santé publique visant la protection de toutes les personnes qui peuvent avoir accès à un bâtiment dans lequel on retrouve de l’amiante. Cette dimension est particulièrement importante dans les services ouverts au public, comme ceux où travaillent nos membres.

Un tel registre national pourra aussi permettre de mieux documenter les sources potentielles d’exposition de nos membres atteints d’une maladie reliée à l’amiante, aidant ainsi à la reconnaissance de celle-ci comme maladie professionnelle. Il faut se rappeler, en effet, qu’il peut s’écouler plus de 30 ans entre une exposition à l’amiante et l’apparition d’une maladie découlant de celle-ci. La non-reconnaissance d’une maladie professionnelle dépend très souvent de la difficulté de faire la preuve que l’exposition à l’amiante l’a été dans le cadre du travail.

La création d’un registre est essentielle à la sécurité du public et des travailleuses et des travailleurs québécois. Chacun a le droit de connaître les risques liés à son environnement de travail.


Références

Le dossier « amiante » de l’Institut national de santé publique

Le dossier « amiante » de l’Organisation mondiale de la santé

Article du journal La Presse

Les publications en lien avec l’amiante de la CSST

Un article est paru à ce sujet dans le Nouvelles CSQ – Automne 2012 (page 42)

Amiante, la prudence s’impose, Quoi de neuf – Automne 2012 (p.18)