Le gouvernement Harper en guerre contre les travailleuses et les travailleurs

4 février 2013

Le gouvernement Harper en guerre contre les travailleuses et les travailleursBonjour, je suis membre de la CSQ. Je suis enseignante suppléante. Je me demandais si le syndicat comptait faire quoi que ce soit concernant la nouvelle loi fédérale sur l’assurance-emploi qui nous oblige à accepter tout emploi à 70 % de notre salaire horaire. Je suis suppléante, alors je ne travaille pas tous les jours et je reçois de l’assurance-emploi pour compenser. Selon la nouvelle loi, je devrai accepter un autre emploi et, ainsi, oublier la suppléance. Cependant, en enseignement, c’est ainsi que ça fonctionne : on commence par la suppléance et ensuite on peut espérer avoir quelque chose à temps plein. On ne peut pas vivre seulement avec le salaire de suppléance. Avoir un deuxième emploi ? Oui, mais une fois à contrat, à temps plein, ça devient plus compliqué. Bref, j’aimerais savoir ce qu’il est possible de faire pour nous faire entendre…

Ce que vous venez de lire est une vraie question reçue sur notre site internet. Il ne s’agit pas ici d’un cas isolé. La réforme de l’assurance-emploi entrée en vigueur le 6 janvier dernier n’a pas fini de faire des victimes et de susciter bien des inquiétudes. On a beaucoup parlé des travailleurs saisonniers qui seront touchés de plein fouet par cette réforme injustifiée. Ces derniers manifestent par milliers dans les régions où le travail saisonnier est plus répandu, mais on constate que cette réforme affecte tous les travailleurs et toutes les travailleuses du pays.

Une réforme idéologique

À l’émission Désautels, diffusée sur les ondes de la radio de Radio-Canada, la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada, Diane Finley, a laissé entendre qu’il vaudrait mieux pour le personnel enseignant en début de carrière travailler à temps plein dans un restaurant plutôt qu’enseigner à temps partiel. Ce genre de propos est complètement inacceptable ! Nous avons besoin que des gens compétents puissent exercer leur métier dans tous les secteurs d’activité au pays ! Le refus obstiné du gouvernement Harper de reculer dans ce dossier démontre une fermeture d’esprit idéologique sans borne.

D’autant plus qu’on apprend, dans un article du journal Le Devoir, que les fonctionnaires de Service Canada ont des quotas de prestations à couper ! L’article nous annonce qu’il y a un objectif national d’économie sur les prestations d’assurance-emploi. Le directeur exécutif de la Division Ouest de Service Canada explique que sa division doit fournir 31 % de l’effort national, soit 154 millions de dollars ! Après avoir vidé la caisse de ses surplus, volant du même coup l’argent des chômeuses et des chômeurs, voilà que le gouvernement fédéral veut lui imposer un régime d’austérité, politisant un outil que les travailleuses et les travailleurs se sont donné pour faire face aux coups durs.

Une mauvaise compréhension du monde du travail

Cela démontre également une mauvaise compréhension du monde du travail. En effet, 36 % des gens travaillant dans les secteurs public et parapublic sont à statut précaire. Ça fait beaucoup de gens qui pourraient avoir besoin de l’assurance-emploi un jour. On ne parle pas ici d’emplois saisonniers, on parle d’emplois précaires que la ministre Finley vient précariser davantage.

Diane Finley se met le doigt dans l’œil lorsqu’elle affirme que les jeunes enseignantes et enseignants doivent envisager un changement de carrière vers des emplois à temps plein moins bien rémunérés. Ces enseignantes et enseignants, on en a besoin dans les classes, avec les élèves. Il en est de même dans tous les autres acteurs de l’éducation qui sont à statut précaire comme les chargées et chargés de cours, le personnel professionnel de l’éducation, le personnel de soutien, etc.

Les seuls qui gagnent au change, dans cette histoire, ce sont les restaurants de la chaîne « Tim Hortons » qui auront l’embarras du choix lorsque viendra le temps d’embaucher une main-d’œuvre précarisée et docile. Connaissant l’amour que portent Stephen Harper et son caucus à cette chaîne de café canadienne, il ne serait pas surprenant d’apprendre que c’est ce qui a guidé cette décision…

 


En savoir plus sur le saccage de l’assurance-emploi :

Mouvement autonome solidaire des sans emploi

Mouvement action-chômage de Montréal

Réforme de l’assurance-emploi : les Gaspésiens manifestent par milliers

Assurance-emploi – Les fonctionnaires ont des quotas de prestations à couper

Finley nie l’existence de quotas pour débusquer les chômeurs fraudeurs

Rencontre Harper-Marois : l’assurance-emploi à l’ordre du jour