Les conséquences dramatiques des inégalités

8 février 2013

Les conséquences dramatiques des inégalitésLe gouvernement conservateur de Stephen Harper nous dit qu’il agit dans l’intérêt des familles canadiennes. Une étude du Conference Board du Canada nous dresse pourtant un portrait peu reluisant du pays.

Les chercheurs du Conference Board ont comparé les données de 17 pays industrialisés. Le Canada se situe au septième rang en ce qui concerne les conditions de vie et de bien-être de la population. Cela peut sembler acceptable à première vue, 7e sur 17, c’est quand même une position correcte. Sauf que…

Une pauvreté qui augmente

La raison pour laquelle le Canada ne se classe pas mieux dans ce palmarès n’est pas uniquement décevante, elle est aussi dramatique. Le pays se classe au 15e rang en matière de pauvreté infantile (devant l’Italie et les États-Unis) et de pauvreté des adultes en âge de travailler (devant le Japon et les États-Unis).

Toujours selon l’étude du Conference Board, la pauvreté infantile aurait progressé de 20 % depuis les années 1990. Le Canada est donc aux prises avec un indice de pauvreté chez les enfants de 15,1 %. Ces données ne nous disent rien qui vaille. Les enfants en situation de pauvreté courent, notamment, plus de risques d’avoir des problèmes de santé. Ils auront surtout moins de chance d’échapper à la pauvreté une fois adulte. On ne le répètera jamais assez, la pauvreté est un cycle. Selon l’étude, les enfants canadiens seraient de moins en moins susceptibles de gagner davantage d’argent que leurs parents.

Pourtant, le Canada avait résolu en 1989 d’éliminer la pauvreté infantile d’ici l’an 2000. C’est un objectif complexe, certes. Toutefois, comment expliquer que le pays a non seulement échoué à résoudre le problème, mais que celui-ci se soit aggravé ?

À la source de la pauvreté, les inégalités économiques

Le Conference Board pointe du doigt l’écart grandissant des revenus, constaté également par l’Institut Fraser et plusieurs autres groupes de recherche sociaux et économiques au pays.

Les mesures prises pour réduire les impôts des entreprises et des mieux nantis de même que celles visant à réduire le filet de sécurité sociale, le refus obstiné de véritablement lutter contre l’évasion fiscale et le recours aux paradis fiscaux ont offert un terreau fertile à la pauvreté.

Selon le Conference Board, l’affaiblissement des syndicats et, par le fait même, du rapport de force qui en découle pour les travailleuses et les travailleurs par rapport aux employeurs y est pour beaucoup. L’acharnement du gouvernement conservateur depuis son arrivée au pouvoir est, à ce chapitre, sans limites.

Inégalités et problèmes de société

La recherche démontre qu’un lien existe entre les inégalités croissantes et un grand nombre de problèmes sociaux. Le décrochage scolaire, la maladie, la criminalité et plusieurs autres problèmes en découleraient.

Il existe des moyens pour compenser les inégalités de revenu : l’éducation, la formation professionnelle, l’ajout de paliers d’imposition pour financer des projets d’investissement de l’État afin de stimuler la création d’emplois, etc. Déjà, en 2010, en Alliance sociale, nous faisions valoir au gouvernement Charest qu’un budget, c’est une question de choix. Nous le répétons maintenant à madame Marois, en espérant qu’elle saura se montrer plus à l’écoute que son prédécesseur et qu’elle saura montrer l’exemple à Stephen Harper !


Références:

L’étude du Conference Board du Canada

Les riches sont-ils en danger?

Les inégalités de revenu progressent plus vite au Canada qu’aux États-Unis

Oups, le FMI s’est trompé sur l’austérité

Inégalités: Les milliardaires canadiens