L’enseignement supérieur au Québec n’a pas fini de faire parler!

27 février 2013

L’enseignement supérieur au Québec n’a pas fini de faire parler!Au lendemain du Sommet sur l’enseignement supérieur, nous ne pouvons que nous féliciter du travail qui a été accompli par les associations étudiantes et syndicales dans la reconnaissance de l’importance du réseau de l’enseignement supérieur au Québec. Bien que nous ayons réussi à dégager plusieurs consensus, des questions demeurent en suspens…

On parle enfin du réseau collégial, de l’enseignement et de la recherche

Les grands gagnants de ce sommet, ce sont les cégeps et les universités en région qui ont su faire valoir leur importance dans le développement et la vie culturelle, économique et sociale de toutes les régions du Québec. Un chantier de travail sera même mis sur pied exclusivement pour aborder l’importante question de l’offre de formation collégiale et la concertation entre les cégeps et les universités. Le gouvernement s’est engagé à investir 15 millions de dollars pour soutenir des projets d’arrimage entre les collèges et les universités, et à mettre en place quatre centres collégiaux spécialisés en reconnaissance des acquis. On ne peut que s’en réjouir. De plus, 5 millions seront dégagés pour répondre aux besoins particuliers des étudiantes et des étudiants de cégep, notamment par l’embauche de personnel professionnel.

On peut aussi dire « mission accomplie » en ce qui concerne la reconnaissance du personnel (recherche, technique, soutien, chargées et chargés de cours). C’est notre cheval de bataille depuis longtemps à la CSQ. On peut s’enorgueillir d’avoir sensibilisé le gouvernement aux difficultés et aux conditions d’exercice du personnel. Qu’aurait été une réflexion sur l’enseignement supérieur sans se préoccuper de ces questions ?

La création d’une instance intermédiaire de coordination des universités faisait également partie de nos demandes. Ce sera finalement un conseil national des universités qui sera mis sur pied à l’occasion d’un chantier de travail qui devrait rendre son rapport le 28 juin 2013. D’autres chantiers devront être mis sur pied sur la gouvernance des universités, sur une loi-cadre sur les universités et sur l’aide financière aux étudiants. Des assises sur la recherche sont aussi prévues pour le mois d’avril 2013. Soyez certains que nous y serons pour faire part des préoccupations du personnel de recherche, au collégial comme à l’université.

L’éléphant dans la pièce

Contrairement à ce que peut croire François Legault, l’éléphant dans la pièce dont le gouvernement ne voulait pas parler, c’était la question de la contribution étudiante dans le financement des universités. Le gouvernement avait fait son lit et nous proposait des variations sur le thème de l’indexation des frais de scolarité.

Il est dommage que la question ne fasse pas l’objet d’un chantier de travail au même titre que le financement des universités ou l’aide financière aux études. Dommage, parce que c’est un peu mettre la charrue devant les bœufs que d’indexer les frais sans avoir un portrait clair des besoins des universités en matière de financement. À la CSQ, nous prônons le gel des frais dans une perspective de gratuité scolaire, mais nous aurions été prêts à faire cette réflexion de fond, en disposant de suffisamment de temps pour aller jusqu’au bout de la question.

Calcul politique ?

Cette décision était également prématurée, je crois, à la lumière des échéanciers des autres chantiers de travail. Celui sur le financement des universités ne rendant son rapport qu’en décembre 2013, on peut se demander pourquoi il était si pressant d’instaurer cette hausse des frais dès l’automne 2013 !

Le prétexte de devoir se sortir d’une grande crise sociale et de passer à autre chose en évitant un « psychodrame » (expression utilisée par la première ministre pour parler de la crise étudiante du printemps dernier) ne tient pas la route lorsqu’on constate la qualité de l’écoute et du dialogue qui s’est instaurée lors du Sommet. La décision ne relève-t-elle que du calcul politique ?

Références:

La CSQ au Sommet sur l’enseignement supérieur

Sommet sur l’enseignement supérieur – Difficile recherche d’un consensus

Notre dossier sur l’enseignement supérieur