Le féminisme, plus actuel que jamais !

7 mars 2013

On entend souvent dire que le féminisme est dépassé, qu’il a fait son temps. Plusieurs Le féminisme, plus actuel que jamais !prétendent qu’il faudrait passer à autre chose, que les grandes luttes sont derrière nous, que l’égalité serait atteinte.

Certaines luttes sont derrière nous, c’est vrai. Les combats des femmes, dans le mouvement féministe ou dans les organisations syndicales, auront permis d’obtenir le droit de vote pour les femmes, les congés de maternité, le Régime québécois d’assurance parentale, le droit à la contraception et à l’avortement, le développement de services de garde publics de qualité, la syndicalisation des responsables de services de garde en milieu familial (RSG), les mesures d’accès à l’égalité dans l’embauche, l’équité salariale, etc.

Des acquis à défendre

Cependant, les gains qui ont été réalisés sont fragiles et incomplets. Malgré l’accession d’une première femme au poste de première ministre du Québec, les femmes ne représentent que 29,3 % des personnes élues. L’accès aux services de garde demeure insuffisant pour les familles en milieu défavorisé. La violence faite aux femmes persiste. L’hypersexualisation et les publicités sexistes pullulent encore et toujours.

L’égalité professionnelle et l’équité salariale des femmes sur le marché du travail ne sont malheureusement pas encore une réalité. Les femmes sont souvent discriminées à l’embauche, encore aujourd’hui. Saviez-vous que la maternité était la cause principale de congédiement illégal au Québec ? Le patronat québécois s’attaque aussi avec vigueur au concept de retrait préventif pour les femmes enceintes.

De plus, nombre de femmes exerçant des métiers non traditionnels ont de grandes difficultés à trouver un emploi dans leur domaine. Dans la construction, par exemple, elles ne représentent que 2 % de la main-d’œuvre.

Les femmes, premières victimes de l’austérité

On ne se cachera pas que l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Stephen Harper a marqué une nouvelle ère d’attaques envers les femmes à Ottawa. Les raisons de nous indigner ne manquent pas ! On retrouve, notamment :

  • Les multiples projets de loi d’initiative privée mis de l’avant par la députation conservatrice visant à restreindre le droit à l’avortement ;
  • L’arrêt du financement des activités pour la défense des droits des femmes et la réduction draconienne du budget de Condition féminine Canada ;
  • La réforme de l’assurance-emploi qui risque de précariser encore plus celles qui représentent la majorité des personnes pauvres au pays.

Et il n’y a pas qu’à Ottawa que les réformes et les mesures d’austérité touchent les femmes. Ici même, au Québec, les coupures à l’aide sociale feront plus de tort aux femmes, tout comme la hausse des frais de scolarité ou la taxe santé. Ces mesures touchent davantage les femmes parce que ce sont elles qui occupent, en majeure partie, les emplois au salaire minimum ou qui ont des emplois dans des secteurs moins bien rémunérés (santé et services sociaux, éducation, services de garde, etc.). Elles sont aussi plus souvent aidantes naturelles.

Pour des lendemains égalitaires

Le féminisme est plus que jamais nécessaire pour améliorer non seulement les conditions de vie des femmes, mais aussi celles des familles et des enfants. Les progrès des femmes assurent le développement démocratique et économique des sociétés. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans son étude intitulée Étude approfondie de toutes les formes de violence à l’égard des femmes. Et, bien que nous ayons fait des pas de géantes au cours des dernières décennies, je crois que ce n’est pas une excuse pour s’arrêter en chemin. En tant que syndicaliste, en tant que féministe, en tant que femme, je nous invite toutes et tous à emprunter le chemin du féminisme, pour des lendemains égalitaires.