Quand Stephen Harper nous fait honte… encore!

14 mai 2013
Photo par Remy Steinegger

Photo par Remy Steinegger

Le Canada n’aura jamais eu autant de raisons d’avoir honte de son gouvernement que sous Stephen Harper. En un peu plus de sept ans, ce politicien a réussi plus souvent qu’à son tour à amocher sérieusement l’image du Canada aux yeux du monde. Qu’on se souvienne du reniement de la signature du Canada du protocole de Kyoto, des appels frauduleux en campagne électorale, du scandale des F-35, de l’incapacité du Canada à obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), et du blâme adressé au Canada par le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme pour l’augmentation de la pauvreté et de la faim au pays.

Après ces exemples embarrassants, on aurait pu croire qu’il aurait été difficile pour un gouvernement, même conservateur, de faire pire. Mais c’était sans compter sur Stephen Harper

Le Canada, une fois de plus dans une position gênante

Depuis la semaine dernière, avec l’adoption en deuxième lecture au Sénat du projet de loi C-377, Stephen Harper a réussi à ramener le Canada au niveau de pays tels que le Guatemala, le Pakistan et le Zimbabwe, qui ont fait l’objet d’une enquête il y a quelques années par l’Organisation internationale du travail. Ces trois pays faisaient l’objet de plaintes pour violation de la Convention sur la liberté d’association et la protection du droit syndical (Convention 87).

Les plaintes portaient principalement sur le respect de l’article 3 qui stipule que :

  1. Les organisations de travailleurs et d’employeurs ont le droit d’élaborer leurs statuts et règlements administratifs, d’élire librement leurs représentants, d’organiser leur gestion et leur activité, et de formuler leur programme d’action.
  2. Les autorités publiques doivent s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à en entraver l’exercice légal.

Une surveillance inquiétante pour les droits fondamentaux

Comme l’expliquait la semaine dernière la sénatrice Pierrette Ringuette, critique libérale au Sénat du projet de loi C-377, le Guatemala, le Pakistan et le Zimbabwe avaient la mauvaise réputation d’exercer une surveillance indue sur les finances des organisations ouvrières. Une surveillance jugée exagérée et dangereuse parce qu’elle va à l’encontre des droits fondamentaux des organisations de travailleurs et de leurs membres. Et cette surveillance est du même type que celle que le gouvernement conservateur veut imposer aux syndicats à travers le pays. Rien pour améliorer l’image du Canada sur la scène internationale, bien au contraire.

Le leurre de la transparence

Le plus odieux dans tout cela est que Stephen Harper nous mène en bateau, pour ne pas dire en paquebot, lorsqu’il prétend que sa préoccupation est d’obliger les organisations syndicales à rendre des comptes à leurs membres. Cela se fait déjà sur une base régulière.

Si la transparence financière empêche vraiment Stephen Harper de dormir, qu’il commence par nous dire où sont passés les trois milliards de l’argent des contribuables perdus par son gouvernement dans sa lutte contre le terrorisme ; qu’il nous dise clairement pourquoi il lui fallait dépenser, à même les fonds publics, 113 millions en annonces publicitaires pour vanter ses budgets depuis 2009 ; qu’il nous explique quel est l’intérêt des contribuables à ce que son gouvernement dépense 23 millions pour surveiller les médias afin de savoir ce qu’ils disent ou écrivent sur les députés conservateurs…

Il suffit de voir avec quelle obsession du secret Stephen Harper dirige son gouvernement depuis 2006 pour constater que la transparence est le dernier de ses soucis. La raison d’être du projet de loi C-377 est tout autre. Je vous en reparle bientôt…


Liens pertinents

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Deuxième lecture du projet de loi C-377, Loi modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu (exigences applicables aux organisations ouvrières)

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