Une augmentation de salaire de 6000 $ par année ?

6 septembre 2013
Une augmentation de salaire de 6 000 $ par année ?

Partage-t-on équitablement la tarte ?

Pas mal ! N’est-ce pas ? C’est ce que les Québécoises et les Québécois gagneraient de plus par année, en moyenne, si leurs revenus de travail avaient augmenté au même rythme que les gains de productivité de notre économie. Ce montant a été calculé par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) dans une note datée du 27 août dernier.

Travailler plus pour gagner moins ?

Nous savons tous qu’au cours des dernières décennies, la classe moyenne a écopé au profit de la classe plus aisée. Les conditions de travail sont de plus en plus précaires et les salaires peinent à suivre le rythme de l’inflation, alors que les profits et les gains de la spéculation augmentent. Après la Deuxième Guerre mondiale, jusqu’à il y a une trentaine d’années, le système économique et celui des relations du travail permettaient un partage équitable des fruits de la croissance économique et de l’enrichissement collectif. La richesse produite augmentait, suivie par une majoration équivalente des conditions de travail d’une grande part des travailleuses et des travailleurs.

Au cours des trente dernières années, le PIB par heure travaillée a augmenté de 32 %, tandis que la rémunération globale du travail n’a progressé que de 15 %. Concrètement, si l’un avait suivi l’autre, le revenu de travail moyen aurait augmenté de 6 000 $ par année, passant d’un taux de 26 $ à 29 $ l’heure.

Les grands gagnants des gains en productivité

Si les personnes salariées n’en ont pas profité, qui a empoché la différence ? Les gains de productivité ont d’abord profité aux entreprises, donc à ceux qui les possèdent. De 1983 à 2013, la part du PIB profitant aux entreprises a augmenté de 16 % et celle allant aux salaires des travailleuses et des travailleurs a diminué de 12 %.

À nos revendications, on répond qu’il faut faire grossir la tarte avant de la partager… Voilà 30 ans qu’elle gonfle, mais que notre portion stagne ! Il faut donc mettre la distribution de la richesse au cœur des préoccupations des dirigeants. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral restreint l’accès à l’assurance-emploi, concocte des projets de loi pour torpiller les organisations syndicales et réduit les impôts des entreprises.

Référence:

La note de l’IRIS: Est-ce que les Québécois et Québécoises profitent de l’augmentation de la productivité?