Pour des systèmes fiscaux plus justes et plus solides

17 octobre 2013

Pour des systèmes fiscaux plus justes et plus solidesOn l’entend de plus en plus, nous sommes endettés, les coûts de santé augmentent, les coûts d’entretien et de remplacement de nos infrastructures aussi, de nouveaux projets sont mis de l’avant…

La question qui revient tout le temps est : comment allons-nous payer pour tout cela ? Les solutions foisonnent : augmentation des tarifs d’hydroélectricité, tarification des services de santé, privatisation de certains services publics, compressions budgétaires draconiennes, etc. La seule solution dont on n’entend pratiquement jamais parler est celle de la fiscalité.

Un virage à 180 degrés

Étonnamment, c’est du Fonds monétaire international (FMI) qu’est venu le dernier appel pour une fiscalité plus juste ! Mieux connu pour ses plans d’austérité et ses positions très marquées pour la tarification des services publics, le FMI avait fait son mea culpa plus tôt cette année, réalisant que les mesures d’austérité créaient plus de problèmes qu’elles n’en réglaient.

Cette fois, l’organisation concède que les gouvernements, au Canada du moins, ont toute la marge de manœuvre nécessaire pour augmenter les impôts des plus riches. Constatant l’écart grandissant entre les revenus des plus riches et des plus pauvres, le FMI estime que le taux maximal d’imposition des plus riches pourrait être augmenté de plus de 15 points de pourcentage ! Le tout sans que cela risque trop de les inciter à travailler moins ou à pratiquer l’évasion fiscale. Chez nos voisins du Sud, cette marge de manœuvre s’élève à 25 points de pourcentage !

La vraie vache sacrée

« Ce n’est pas parce qu’on peut le faire qu’on doit le faire », entend-on déjà protester les représentants du monde des affaires du Québec et du Canada. On se souviendra que lorsque le gouvernement de Pauline Marois a tenté, timidement, du bout des lèvres, de réformer la fiscalité au début de son mandat, la pression de ces représentants, aidés par la députation du Parti libéral du Québec et de la Coalition avenir Québec, a fait dérailler le projet.

Or, nous nous trouvons toujours devant un problème en matière de fiscalité. Un sentiment d’injustice règne dans la population qui est confrontée à des histoires abracadabrantes d’évasion et d’évitement fiscal. Qui plus est, cette même population se voit tarifée de plus en plus pour des services publics qu’elle a déjà payés par ses taxes et impôts !

Parlons de fiscalité

Un véritable dialogue social doit s’ouvrir sur la fiscalité au Québec et au Canada. Il est temps de rééquilibrer la part de chacun. Les inégalités de revenus ne cessent de se creuser dans la plupart des pays développés. Même le FMI constate qu’une augmentation du taux maximal d’imposition des plus riches serait un moyen de renverser cette tendance.

Nous devons réfléchir collectivement à de nouvelles sources de revenus pour mener à terme nos projets de société. Ce pourrait être en augmentant les impôts, en créant une forme d’impôt sur le patrimoine et sur les successions, en imposant des frais aux entreprises qui quittent le pays, en revoyant les montants de subventions aux entreprises, en instaurant une nouvelle taxe sur les véhicules de luxe et sur leurs émissions de CO2, etc.

Il suffit de réfléchir ensemble à la société que nous voulons nous donner et au type de fiscalité que nous souhaitons. Il est certain que si l’on crée des lieux de discussion, la créativité sera assurément au rendez-vous!


Références

Le mea culpa du FMI… ou le vrai prix de l’austérité

Le FMI plaide pour des impôts plus progressifs

Taxez les riches dit le FMI