François Legault en mode nostalgie

19 novembre 2013

François Legault en mode nostalgieUn peu comme les chaînes de télévision misant sur de vieilles rengaines afin d’attirer un auditoire, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a ressorti ses vieux succès pour tenter de reprendre l’avant-scène médiatique lors du Conseil général spécial de son parti.

 Les formules magiques

« Familles » et « abolition de taxes » semblent être devenues les nouvelles formules magiques de François Legault. Les lieux communs abondaient dans le compte rendu de ce conseil général. On a beaucoup parlé des « contribuables » québécois qui auraient bien besoin de souffler. Cependant, on a oublié que ces contribuables sont d’abord et avant tout des citoyennes et citoyens et des travailleuses et travailleurs qui ont besoin de services publics de qualité.

Ainsi, quand le chef de la CAQ propose, pour la millième fois, d’abolir les commissions scolaires et les agences de santé, il prétend que cela ferait épargner aux familles québécoises 1 000 $ par année, en moyenne.

Le problème, ici, est qu’il n’existe aucune preuve empirique que l’abolition des commissions scolaires ou des agences de santé générerait des économies pour l’État québécois. De plus, il n’y a pas de données marquant l’effet positif d’une décentralisation politique, administrative ou budgétaire sur la performance générale des systèmes d’éducation ou de santé.

Encore des compressions en éducation

Ce que François Legault oublie de dire, c’est qu’à l’autre bout de l’équation, on vient restreindre encore une fois le budget consacré à l’éducation des élèves québécois, jeunes ou adultes. L’accumulation des compressions au cours des dernières années vient mettre une pression indue sur l’ensemble du système. On l’a vu cet automne, notre réseau de l’éducation a besoin d’un réinvestissement majeur pour assurer un environnement d’apprentissage de qualité et des services qui répondent aux besoins des élèves !

Le faux problème des agences de santé

Éliminer les agences de santé ne réglera pas le problème de la surcharge de travail que dénoncent les travailleuses et les travailleurs du système. Récemment encore, les membres du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ) faisaient remarquer qu’ils étaient surchargés et qu’il manquait cruellement de personnel sur le terrain. Le personnel infirmier se voit accablé par des heures supplémentaires obligatoires tandis qu’on a de plus en plus recours à des agences privées de placement de personnel.

La CAQ se trompe de cible, encore une fois

M. Legault s’attaque encore une fois aux personnes qui travaillent d’arrache-pied à offrir des services publics de qualité avec les moyens qu’on leur donne. Au lieu de cela, il devrait se pencher sur les sources de revenus dont l’État québécois se prive volontairement en ne taxant pas davantage le capital, en refusant de revoir les généreuses subventions aux entreprises et en refusant d’agir par rapport aux paradis fiscaux et aux stratégies d’évitement fiscal. Faire tomber le couperet sur les services publics comme projet de société, on repassera.