Quand Alain Dubuc pointe la paille dans l’œil du voisin

11 février 2015
Quand Alain Dubuc pointe la paille dans l’œil du voisin

Alain Dubuc préfère pointer la paille dans l’oeil du voisin plutôt que de voir l’énorme poutre idéologique qui lui obstrue la vue!

Alain Dubuc, chroniqueur au journal La Presse vient de comprendre comment fonctionnent les médias au Québec. Dans sa chronique du 9 février 2015, intitulée L’information spectacle, il se désole du fait que RDI et la Presse Canadienne aient couvert la manifestation à laquelle participaient plusieurs membres de la CSQ, des organismes communautaires et des associations étudiantes, à l’occasion d’un discours donné par Philippe Couillard devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Monsieur Dubuc aurait sans nul doute préféré qu’on s’en tienne au discours du premier ministre. Il lui aurait fait plaisir que les journalistes ne fassent que relayer le message officiel, sans souffler mot de la contestation bien présente à l’intérieur de la salle, comme à l’extérieur.

L’information-spectacle

Monsieur Dubuc n’est pas le seul acteur de l’empire Gesca à contester la couverture des manifestations par les médias. Sa collègue, Pascale Breton, a réagi fortement à une manifestation théâtrale de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), qui avait défilé en calèche et en costumes d’époque pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un recul dans le temps de leurs conditions de travail.

Madame Breton déplorait que le personnel enseignant ne s’en tienne pas aux faits. Des faits pourtant, le mouvement syndical, les organisations communautaires et étudiantes tentent d’en diffuser des tonnes. Nos argumentaires sont étoffés, nos solutions sont réfléchies et, malgré tout, notre poids médiatique est quasi nul… Sauf quand nous faisons preuve d’originalité et que nous organisons des événements.

La poutre idéologique d’Alain Dubuc

Quand Alain Dubuc pointe la paille qui se trouve dans l’œil de RDI ou de la Presse Canadienne, il omet de parler de la poutre idéologique qui trône dans le sien et dans celui de la rédaction de son quotidien. Cette poutre aura empêché l’équipe de rédaction de La Presse de remarquer la « petite » manifestation contre l’austérité, qui a réuni, non loin de leurs bureaux, plus de 100 000 personnes au centre-ville de Montréal.

La bataille de l’image

Monsieur Dubuc nous dit : « Cette logique de l’image a des effets. Elle ne donne pas une lecture juste des rapports de force, elle propose une image faussée de la réalité (…) Dans la bataille de l’image, le Québec militant, avec ses pancartes, ses cloches, ses coups d’éclat, l’emporte invariablement sur les décideurs en tailleurs ou en veston-cravate. »

Rassurez-vous, les décideurs en tailleurs et en veston-cravate ont de beaux jours devant eux. Les ministres et le premier ministre lui-même leur rendent visites de façon quasi hebdomadaires dans les diverses chambres de commerce du Québec. Monsieur Couillard vient d’ailleurs de leur promettre de nouveaux allégements fiscaux. Il les visite donc pour les rassurer : «l’austérité n’est pas pour vous», leur dit-il, en substance. Est-ce cela que vous auriez aimé voir au téléjournal, Monsieur Dubuc?

Le rapport de force n’est pas juste. Les mouvements sociaux sont loin d’avoir le gros bout du bâton. Nous sommes des militantes et des militants. Les personnes que nous représentons n’ont pas l’écoute du gouvernement. Nous devons prendre les moyens pour faire connaître notre point de vue.

Influence Communication nous apprenait récemment que les médias du Québec parlaient neuf fois plus de météo que d’éducation. Quand ces proportions auront changé, nous pourrons parler d’un rapport de force. En attendant, Monsieur Dubuc continuera de nous voir, de plus en plus nombreux, dans la rue.