Coupons maintenant, réfléchissons plus tard !

29 septembre 2015

330x220_FBA8530Après avoir administré un électrochoc à l’ensemble du réseau de l’éducation en décrétant des coupes sans précédent, le Parti libéral du Québec (PLQ) commence maintenant à réfléchir au système d’éducation pour le 21e siècle afin, dit-il, de le rendre plus performant. On est pourtant entré dans ce siècle il y a déjà 15 ans…

Depuis, les libéraux ont été au pouvoir pendant dix ans et c’est seulement maintenant qu’ils commencent à réfléchir… Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous. Certes, mais n’aurait-il pas mieux valu réfléchir – en consultant tous les acteurs du réseau de l’éducation – avant de sortir la tronçonneuse dans les services éducatifs aux élèves ?

Celles et ceux qui portent l’école à bout de bras étaient d’ailleurs présents, dans la rue, lors du coup d’envoi du forum du PLQ, pour témoigner de leur profond mécontentement.

Pas de réponse à donner aux parents

Qu’est-ce que ce gouvernement dit aux parents inquiets pour leur enfant dyslexique ou dysorthographique qui n’aura plus accès aux services d’une orthopédagogue ou d’une orthophoniste1 ? Comment compte-t-il les rassurer ? Eh bien, il ne fera rien ! Après tout, ce sont les commissions scolaires – dont il a amputé le financement – qui sont responsables de dispenser ces services… Ce sont à elles de répondre, selon lui.

Une oreille pour les gens d’affaires

Que fait ce gouvernement pour assurer le respect du principe de gratuité scolaire alors que des frais de toute sorte sont transférés aux parents ? L’égalité des chances n’est visiblement plus une priorité pour ce gouvernement, qui ne semble avoir d’oreille que pour les gens d’affaires. Leur participation au Forum des idées en témoignent.

La pensée néolibérale à l’état pur

Philippe Couillard ne veut plus discuter avec les groupes constitués comme les syndicats, les commissions scolaires et les associations de parents. Trop « corporatistes » à son goût. À ses yeux, ces organisations n’ont plus leur place dans les grands débats sociaux. Seules les paroles d’individus isolés semblent valables, selon lui, pour faire avancer les idées sur ces grandes questions.

Pourtant, les positions défendues par ces organisations sont le fruit de multiples débats, recherches et analyses desquels ont émergé des consensus. Les revendications de la CSQ ne sont pas mises de l’avant par un groupe restreint de quelques leaders. Elles sont longuement débattues dans ses instances regroupant des centaines de personnes déléguées syndicales de partout au Québec qui connaissent bien les besoins du milieu de l’éducation.

Toutefois, Philippe Couillard n’éprouve aucune difficulté à entendre les patrons des grandes entreprises. Après tout, ils ne défendent absolument pas leurs intérêts corporatistes. Ils ne s’expriment que par grandeur d’âme, avec le seul souci de faire progresser le bien commun… Misère !

Le slogan de ce gouvernement aux politiques conservatrices, qui n’a plus de libéral que le nom, semble être le suivant : Coupons maintenant, réfléchissions plus tard ! Et avec mes petits copains seulement de préférence. Moi qui pensais naïvement que la réflexion et le débat devaient précéder l’action.

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1 MARISSAL, Vincent (2015). « Lettre à mon premier ministre », La Presse (5 septembre), www.lapresse.ca/debats/chroniques/vincent-marissal/201509/02/01-4897161-lettre-a-mon-premier-ministre.php.