Négociation dans le secteur public : une marée humaine envahit les rues de Montréal

5 octobre 2015

330x220_manif3octSamedi, une véritable marée humaine a déferlé dans les rues de Montréal pour dénoncer la lenteur des négociations dans le secteur public québécois. Plus de 150 000 personnes sont venues exprimer haut et fort leur mécontentement face au mépris du gouvernement envers les personnes salariées du secteur de l’éducation, de la santé, des services sociaux et du secteur public en général. Cette manifestation d’importance historique envoie un message on ne peut plus clair au gouvernement : il doit déposer des offres décentes et s’engager dans une véritable négociation.

Après huit mois de discussions stériles

Après huit mois de discussions stériles où les offres – les demandes, devrais-je dire pour être plus précise – du gouvernement n’ont pas bougé d’un iota. L’exaspération des travailleuses et travailleurs du secteur public est à son comble. Ces demandes, faut-il le rappeler, traduisent une volonté de précariser les emplois, de dégrader les conditions de travail et d’appauvrir le personnel syndiqué. Malgré les dénégations du gouvernement, nous assistons déjà à une détérioration marquée de la qualité des services, parents et citoyens s’en inquiètent à juste titre. Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est le bureau du protecteur du citoyen, un observateur impartial, qui l’écrit en toutes lettres dans son rapport annuel1. Cette détérioration pourrait malheureusement s’accentuer si le gouvernement ne change pas de direction.

Le ras-le-bol est généralisé

Dans ce contexte, on comprend aisément le ras-le-bol des gens. En effet, c’est dans une proportion de 82 % que les membres de la CSQ se sont prononcés en faveur d’un mandat de six jours de grève à exercer en Front commun. Les assemblées générales étaient bondées, et cette situation s’est répétée dans toutes les régions et dans la grande majorité des organisations syndicales. Les gens préfèrent bien sûr ne pas avoir recours à la grève et notre souhait est d’entamer une véritable négociation le plus tôt possible. Cependant, pour cela, il faut que le gouvernement tienne compte de l’opinion des gens qui livrent quotidiennement les services à la population.

Le gouvernement libéral a amplement écouté les banquiers et les chambres de commerce, il doit maintenant ouvrir grand les oreilles pour entendre ce que les travailleuses et travailleurs du secteur public ont à dire.


1 www.myvirtualpaper.com/doc/protecteur-du-citoyen/rapport-annuel-2015/2015090301/#0.