Un Conseil des ministres extraordinairement déconnecté de la population

7 octobre 2015

330x220chsldlLes personnes éprouvant des problèmes de santé mentale, les malades requérant des soins à domicile et les personnes âgées dans les CHSLD subissent durement les contrecoups des mesures d’austérité1 qui, trop souvent, portent atteinte à leur dignité2.

En éducation, les centres d’éducation populaire, qui font un travail exemplaire auprès des démunis, sont menacés de fermeture3. C’est là une véritable honte pour une société avancée comme le Québec.

Pendant ce temps, que fait le gouvernement ? Il convoque un Conseil des ministres extraordinaire pour préciser la nature des 800 millions de compressions budgétaires qu’ils comptent effectuer dans les services publics d’ici la fin de l’exercice budgétaire. Rarement aura-t-on vu un gouvernement aussi déconnecté des besoins de la population qu’il est pourtant censé représenter.

Des promesses non tenues

Ce même gouvernement avait pourtant promis, la main sur le cœur, de ne pas réduire les services au citoyen dans ses efforts pour atteindre l’équilibre budgétaire. Balivernes ! Comment imaginer un seul instant que les services à la population ne seraient pas affectés alors que le gouvernement a coupé l’équivalent de 1 500 postes à temps complet dans la fonction publique et parapublique pour l’année en cours4? Une autre promesse non tenue, c’est le moins que l’on puisse dire.

S’appauvrir maintenant pour réinvestir plus tard ?

Pour comble d’insulte, ce Conseil des ministres extraordinaire étudiera des pistes pour couper un milliard supplémentaire durant l’exercice financier 2016-2017 afin de permettre des baisses d’impôt équivalentes. Pourtant, le gouvernement Couillard a vendu à la population la nécessité des coupes budgétaires en soutenant qu’elles étaient nécessaires pour l’équilibre des finances publiques. Au début de son mandat, Il n’a jamais été question de réduire les impôts avec cet argent.

Pour apaiser la frustration et la colère des citoyennes et des citoyens, le premier ministre affirme qu’on pourra réinvestir dans les services publics lorsque la situation des finances publiques sera assainie.

Eh bien ! Comment pourrait-il réussir cela en se privant volontairement et de façon récurrente de 1 milliard de revenus, après avoir promis en campagne électorale, et par la suite sur toutes les tribunes, que tout surplus budgétaire serait affecté aux baisses d’impôt et au remboursement de la dette ?

Là, on se retrouve dans un tout autre scénario de coupes à répétition et de transformation de la mission de l’État. Un scénario dont on a pris soin de cacher l’ampleur pendant la campagne électorale qui a conduit les libéraux au pouvoir.

Dans ce contexte, il faudra porter une attention particulière aux points de services en région qui pourraient être gravement menacés par cette restructuration majeure qui s’annonce et qui risque de déstabiliser pour longtemps l’équilibre économique régional.

Ce n’est certes pas en s’appauvrissant maintenant qu’on se donnera les moyens de réinvestir plus tard dans nos régions et dans nos services publics !


1 Les compressions affectent de plus en plus les services, juge la protectrice du citoyen

2 La protectrice du citoyen rappelait récemment dans son rapport annuel que les mesures d’hygiène avaient diminué dans les CHSLD. Elle rapportait même un cas parmi d’autres d’une femme n’ayant pas pris un bain depuis neuf mois faute d’équipement adapté.

3 Si le ministre savait compter

4 L’emploi poursuit sa glissade dans les secteurs public et parapublic