Solidaire avec les groupes communautaires en grève

3 novembre 2015

330x220organismesFermé ! Ce mot lourd de sens fait pourtant écho ces jours-ci. Il s’agit du cri du cœur lancé par 1 300 groupes communautaires en provenance de toutes les régions du Québec. Ils déplorent et dénoncent le manque de financement qui les empêche de mener à bien leur mission fondamentale d’offrir des services complémentaires à la population. Souvent de l’aide de dernier recours, de l’aide qui fait la différence pour des milliers de personnes qui sont laissées à elles-mêmes sans ce soutien.

À l’instar d’un nombre grandissant de citoyennes et citoyens, de travailleuses et travailleurs du secteur public, les personnes soutenant le secteur communautaire sont en colère parce que les compressions du gouvernement Couillard mettent en péril leur capacité d’intervenir et d’agir. Elles réclament du financement certes, mais surtout la reconnaissance du travail qu’elles abattent au quotidien auprès des personnes les plus vulnérables de notre société.

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L’argent, le nerf de la guerre

En conséquence des compressions budgétaires dans les services publics, une grande part de la population se tourne vers les groupes communautaires. Ces derniers ont besoin de fonds. Ils réclament 225 millions de dollars supplémentaires par année pour les 3 000 organismes en santé et services sociaux, et 40 millions de plus par année pour les 320 groupes de défense collective des droits.

Ces sommes ne représenteraient qu’une infime partie du budget du gouvernement du Québec. Cependant, pour les groupes communautaires, elles font une différence en leur permettant de venir en aide, entre autres, aux nouveaux arrivants, aux travailleurs à faible revenu, aux mères monoparentales et aux gens aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Toutes ces personnes comptent sur l’aide des groupes communautaires pour boucler leur fin de mois, pour se défendre à la Régie du logement ou pour offrir de meilleures conditions d’apprentissages à leurs enfants. L’austérité libérale représente pour ces personnes, vulnérables à divers degrés, une perte importante de services.

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Un calcul mathématique froid

Les membres du mouvement communautaire n’ont pas l’habitude de fermer leurs portes et de prendre ainsi la rue. Cette sortie n’est pas anodine. Le gouvernement Couillard devrait tendre l’oreille parce qu’une telle mobilisation est signe que la grogne se fait de plus en plus entendre et que la société civile ne tolère plus les mesures d’austérité. Il doit cesser de tout analyser sous l’angle froid d’un simple calcul mathématique n’ayant que pour finalité l’atteinte de l’équilibre budgétaire. En fait, si ce gouvernement avait un peu de vision, il constaterait les nombreux avantages que représente cette contribution aux organismes.

Solidarité et appui !

Si les groupes communautaires ferment leurs portes, c’est pour se mettre en action et nous alerter quant à cette situation de sous-financement. Le gouvernement n’a toujours pas annoncé ses intentions en ce qui concerne leur financement et on voit poindre à l’horizon la fin de l’entente actuelle qui est le 31 mars 2016.

« On aime mieux mettre la clé dans la porte pour deux jours que le gouvernement mette la clé dans la porte à tout jamais », dit François Saillant, porte-parole du mouvement On ferme ! Le communautaire dehors contre l’austérité. Cette mobilisation est cruciale et mérite toute notre solidarité et notre appui ! communautaire3

Références

Grève sociale partout au Québec

Groupes communautaires: un mouvement de grogne « sans précédent »