Le cadeau du Nouvel An du gouvernement Couillard

16 décembre 2015
2016 pourrait vous réserver de mauvaises surprises!

2016 pourrait vous réserver de mauvaises surprises!

Dans une chronique qu’il signe sur le site voir.ca, Pierre-Yves McSween fait un rappel important au sujet de la hausse des tarifs des services de garde subventionnés que les parents du Québec vont subir au moment d’effectuer leur déclaration de revenus.

Pour beaucoup de parents, cette hausse représentera une facture importante qui s’ajoute, alors que les revenus de travail stagnent et que le taux d’endettement des ménages canadiens atteint des niveaux record1.

La belle surprise
Pour une famille, la planification financière est importante. Or, l’outil que le gouvernement a préparé est loin d’être parfait et il ne permet pas de bien évaluer la véritable augmentation qui sera exigée de chaque ménage.

D’autant plus que comme le souligne McSween, pour certains ménages (familles reconstituées, monoparentales avec gardes partagées multiples, etc.), la situation requiert presque la contribution d’un fiscaliste pour arriver à anticiper la facture. L’outil que le chroniqueur partage2 est intéressant à cet égard, même s’il donne le vertige.

Tout ça pour quoi au fait ?
Rappelons que la prémisse farfelue de cette augmentation de la contribution parentale aux services de garde était de faire payer davantage les mieux nantis et de « garantir la pérennité du réseau ». Il ne faut pas creuser trop loin pour voir que tout cela n’était que pure fabulation.

Tout d’abord, la déduction fédérale pour garde d’enfant réduit l’impôt et favorise donc les revenus plus élevés. Dans certains cas, les ménages plus aisés paieront moins cher que les ménages aux revenus plus près de la moyenne.

Pour ce qui est de la pérennité du réseau public, les compressions annoncées par le gouvernement Couillard dans les dernières années laissent plutôt présager sa lente érosion et non l’objectif de maintenir ou d’améliorer l’offre de places de qualité.

On ne peut même pas prétendre que le tout se fait au nom de l’équilibre budgétaire puisque l’explosion de places en garderie privée non subventionnée (1 387 % d’augmentation) coûtera cher au trésor public, car nous subventionnons collectivement ces places par de très généreux crédits d’impôt.

Un seul objectif : favoriser le privé à tout prix
Pendant que les garderies commerciales poussent comme des champignons, on continue de mettre des bâtons dans les roues des services de garde publics en leur imposant une vision purement comptable ne tenant pas compte de la qualité des services offerts3.

Lieux mal adaptés, matériel inadéquat, faille dans l’hygiène : pas moins de 40 % des poupons et le tiers des enfants âgés de 18 mois à 5 ans ne reçoivent pas des services satisfaisants dans les garderies privées non subventionnées, affirme l’Institut de la statistique du Québec (ISQ)4.

Pas ébranlée du tout, la ministre Charbonneau continue à clamer que « pour nous, [une garderie privée ou public,] c’est la même chose ». Peu lui importe que les enfants jouent dans une cour bien aménagée ou qu’ils soient littéralement dans le stationnement d’un centre d’achat5. Ces garderies commerciales continueront donc de proliférer, se nourrissant à même la sève des services de garde publics. Pensez-y lorsque vous recevrez votre surprise du Nouvel An après avoir rempli votre déclaration de revenus.

1 https://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/l-endettement-des-menages-canadiens-augmente-plus-vite-que-leurs-salaires/584106

2 http://www.cqff.com/liens/FGE.pdf