Vivre décemment : un droit inaliénable

3 mai 2016

350x217salaire-decentLa Fête internationale des travailleuses et travailleurs a porté la revendication pour le salaire minimum à 15 $ l’heure au sommet de l’actualité1. Il est plus que temps que tous les travailleurs et travailleuses puissent vivre décemment de leur labeur.

Le gouvernement libéral a là une occasion parfaite de lutter contre l’appauvrissement des ménages québécois en permettant à tous ceux et celles qui travaillent de se sortir la tête de l’eau et de gagner dignement leur vie.

 

Pendant ce temps à l’aide sociale

Frapper quelqu’un lorsqu’il est par terre, c’est loin d’être la meilleure façon de l’aider à se relever. Pourtant, c’est exactement ce qu’est en train de faire le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, avec sa réforme de l’aide sociale prévue dans le projet de loi no 70 qui entre dans la phase de l’étude détaillée à l’Assemblée nationale.

Une personne seule qui bénéficie (le terme est beaucoup trop positif) de l’aide sociale reçoit 726 $ par mois. Essayez de faire votre budget mensuel avec ce montant. Ne trichez pas ! C’est tout simplement impossible. Ce montant couvre à peine la moitié des besoins de base reconnus (nourriture, logement, habillement, transport, etc.).

Pourtant, François Blais envisage de retrancher ce montant de 224 $ aux nouveaux demandeurs d’aide sociale qui refuseraient de se plier aux exigences du programme Objectif emploi. Cette approche punitive manque totalement d’humanisme et démontre une incompréhension complète de la réalité des personnes en situation de pauvreté de la part du gouvernement libéral.

Tous des fraudeurs

En fait, sous la gouverne du ministre Blais, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale traite tous les nouveaux demandeurs d’aide sociale comme autant de potentiels fraudeurs. C’est une approche rétrograde qui ne tient pas en compte toute la détresse qui habite ces personnes.

Une personne en situation de pauvreté qui finit par se résoudre à demander l’aide sociale est déjà tombée de la chaloupe. Elle n’a pas besoin d’un poids supplémentaire sur ses épaules, elle a besoin d’être repêchée.

Des rumeurs de bâillon

Face à l’opposition généralisée (même le Conseil du patronat trouve que le ministre exagère2), le ministre pourrait être tenté de faire passer son projet de loi sous bâillon3.

Ce serait un double aveu d’échec de la part du ministre Blais. Le premier échec est l’incapacité du ministre à entendre les propositions et les critiques des groupes citoyens et à ouvrir un dialogue constructif.

Le deuxième échec, plus grave celui-là, est l’échec démocratique. Le message que l’on envoie c’est qu’il n’y a qu’une catégorie de gens qui comptent dans la prise de décision du gouvernement et que ce ne sont pas les gens en situation de pauvreté. Contrairement aux gens d’affaires, les pauvres on ne les écoute pas au gouvernement. Pire encore, on veut les faire taire.

Vivre dans la dignité

La meilleure façon de s’attaquer à la pauvreté, c’est d’arrêter de s’attaquer aux pauvres. Les personnes en situation de pauvreté n’ont pas besoin du bâton, elles ont besoin qu’on leur tende la main et qu’on les aide à se relever, à sortir la tête hors de l’eau assez longtemps pour leur permettre de vivre dignement.


1 Minimum 15 $
2 Même les patrons doutent des sanctions proposées
3 Menace de recours au bâillon du ministre François Blais – Pourquoi le ministre tient-il autant à pénaliser les personnes assistées sociales ? (Collectif pour un Québec sans pauvreté)