Tout un cadeau d’anniversaire!

25 mai 2016

350x216cadeauLe 15 juin 2006, le gouvernement Charest a adopté la Loi sur la réduction de la dette instituant le Fonds des générations. Cette loi prévoit que la dette brute du Québec ne doit pas dépasser 45 % de son produit intérieur brut (PIB) d’ici mars 2026.

Le Fonds des générations aura donc bientôt dix ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il aura reçu tout un cadeau d’anniversaire de la part du gouvernement Couillard. Jusqu’à présent, cette année, c’est près de 1,3 milliard de dollars qui y ont été versés et d’autres sommes s’y ajouteront d’ici la fin de l’année financière.

Ce 1,3 milliard représente plus que ce que les libéraux ont imposé comme compressions, en éducation seulement, au cours des six dernières années. Est-il sage d’imposer de sévères coupes budgétaires dans les services publics pour verser des sommes accrues dans un bas de laine tel que le Fonds? Je ne le crois pas. D’autant plus que ces versements au Fonds des générations ont un effet bien marginal sur la réduction du poids de la dette. Ce poids dépend en fait beaucoup plus de la croissance économique que des sommes versées au Fonds.

Ralentir la cadence

Pourtant, au cours des prochaines années, le gouvernement prévoit augmenter les versements au Fonds des générations de façon fulgurante. Ceux-ci passeront à 2,5 milliards dès l’an prochain et à 3,8 milliards dans quatre ans.

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai rappelé au gouvernement qu’il conviendrait de ralentir le rythme de ces versements. Nos services publics ont besoin de réinvestissements, pas de nouvelles compressions. Nous avons démontré en début d’année que même en réduisant substantiellement les sommes versées au Fonds des générations pour les réinvestir dans les services à la population, nous atteindrions l’objectif prévu par la loi.

Pourquoi donc vouloir atteindre les objectifs plus rapidement que la loi l’exige? C’est totalement injustifié au regard des compressions imposées en contrepartie dans les services aux élèves, les services de garde, la santé et les services sociaux, le financement des organismes communautaires, et j’en passe!

Un outil d’équité intergénérationnelle… vraiment?

Pour l’actuel ministre des Finances, Carlos Leitão, le Fonds des générations serait « la plus puissante mesure d’équité intergénérationnelle qu’un gouvernement ait jamais adoptée », rien de moins!

Cependant, lorsqu’on observe les critiques faites à l’endroit du Fonds, on remarque une constante : on y investit trop d’argent, trop vite, et cela se fait au détriment de nos infrastructures physiques et sociales. Pire encore, on maquille des surplus budgétaires de peur, comme l’indique l’économiste Jean-Pierre Aubry, « que la pression publique le force [le gouvernement] à dépenser ses surplus ».

En coupant dans les services publics, comme l’éducation ou les services de garde à la petite enfance, pour nourrir le Fonds, le gouvernement ne bâtit pas l’avenir pour les générations futures. Au contraire, il les prive d’outils essentiels à leur développement.

Quel avenir pour les surplus?

Les derniers chiffres du ministère des Finances sont sans équivoque : il y aura un important surplus budgétaire à la fin de la présente année financière. Quel avenir le gouvernement Couillard et le ministre Leitão réservent-ils à ces surplus? Il serait irresponsable de les destiner au Fonds des générations ou à de ridicules baisses d’impôts qui ne représenteraient que des sommes marginales pour les ménages québécois. Voici plutôt quelques suggestions :

Le gouvernement Couillard a les moyens de faire tout ça sans hausser d’un sous les impôts et les taxes des citoyennes et citoyens du Québec. La plus puissante mesure d’équité intergénérationnelle c’est ça : des services publics forts et accessibles à tous. Pour les dix ans du Fonds des générations, donnons aux générations futures une société plus forte, plus équitable et plus riche de ses services publics!