Journée nationale des autochtones : encore du chemin à faire

20 juin 2016

350x233journee-autochtonesCette année, nous célébrons la 20e édition de la Journée nationale des autochtones. C’est une occasion de souligner d’une manière spéciale la richesse et la diversité des nations autochtones. C’est aussi une occasion de réfléchir aux enjeux qui sont toujours cruellement d’actualité. Depuis le changement de gouvernement au fédéral, certains pas importants ont été franchis.

Une reconnaissance attendue

La ministre fédérale des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennet, a affirmé devant le Forum permanent sur les questions autochtones des Nations Unies l’appui sans réserve du Canada à la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (DDPA).

Cet appui rend possible la reconnaissance du concept de « consentement libre et éclairé » afin que les Autochtones soient non seulement consultés pour les projets de développement qui les concernent, mais qu’ils puissent aussi y consentir dans certains cas.

Un rattrapage s’impose pour les investissements

Lors du dernier budget, le gouvernement fédéral s’est engagé à réserver 8,4 milliards de dollars à l’intention de différents programmes dont la moitié sera consacrée à l’éducation, qu’il s’agisse d’embauche de personnel enseignant, de constructions d’écoles ou de mesures pour favoriser la réussite éducative au primaire et au secondaire.

Cependant, seulement 1,15 milliard sera versé d’ici 2020. Le reste, soit 1,45 milliard, sera remis seulement après la prochaine élection. La santé, le logement, l’accès à l’eau potable et la culture sont les autres éléments ciblés par ces investissements. Le problème est que seulement 618 millions seront consacrés pour l’accès à l’eau potable alors que les besoins sont estimés à près de 8 milliards.

Certes, ces sommes sont un progrès après des décennies de refus d’investir d’une manière significative pour combler les besoins des peuples autochtones. Il est plus que temps que les violations aux droits fondamentaux de ces peuples cessent.

La Commission de vérité et de réconciliation a démontré, encore une fois, l’ampleur des mesures colonialistes mises en œuvre au fil des années, conduisant à la spoliation de leurs terres et des ressources attenantes, à l’enfermement des enfants dans des pensionnats avec comme conséquence l’acculturation de ces jeunes et leurs difficultés à se réinscrire dans leurs communautés.

Après les excuses, il faut agir

Il aura fallu dix ans pour que le Tribunal canadien des droits de la personne reconnaisse que le gouvernement fédéral est coupable de négligences à l’égard des enfants autochtones en ne leur offrant pas tous les services auxquels ils ont droit. Malgré le jugement du Tribunal, rendu en janvier dernier, le ministère des Affaires autochtones et du Nord n’a pas encore répondu d’une manière satisfaisante aux correctifs exigés par le Tribunal.

Les Autochtones du Canada et du Québec vivent une situation d’infériorité manifeste leur interdisant la possibilité d’exercer un pouvoir politique réel. La reconquête de leur autonomie, de leur dignité et du respect prendra du temps, il est vrai.

Nous avons une responsabilité majeure, à l’égard des peuples qui n’ont jamais abdiqué de leurs droits, mais qui en ont été spoliés. Nous devons dorénavant investir, autant sinon plus d’énergies que celles que nous avons englouties dans la négation des droits.