Mettons fin à l’obsession d’un ordre professionnel enseignant

14 octobre 2016

profs-accueilHier matin, le quotidien Le Soleil rapportait les propos d’Égide Royer. En effet, ce dernier profite de l’idée évoquée par le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, de mettre en place un « dossier élève » (qui est un tout autre sujet en soi) pour ramener sur le plancher l’idée de la formation d’un ordre professionnel pour le personnel enseignant. Cette obsession de monsieur Royer pour la création d’un ordre professionnel doit prendre fin.

La fausse solution de l’ordre professionnel enseignant

La mise sur pied d’un ordre professionnel pour le personnel enseignant est inutile. Même l’Office des professions du Québec a déjà conclu que ce n’est pas pertinent. La profession enseignante est une des professions les mieux encadrées par la Loi sur l’instruction publique et par les règlements.

Un mécanisme de vérification des antécédents judiciaires et un protecteur de l’élève sont en place pour ajouter une protection. Les élèves sont protégés et les parents sont en confiance. De plus, 54 000 enseignantes et enseignants du Québec se sont déjà exprimés à 95 % contre la création d’un ordre professionnel. À qui et à quoi servirait cette nouvelle structure bureaucratique qui n’apporte rien de nouveau?

Un ordre donnerait-il du lustre à la profession?

Selon quelques intervenants sur la scène politique et ailleurs, le personnel enseignant se verrait mieux reconnu s’il était membre d’un ordre professionnel. Le problème, c’est que ce n’est pas du tout le but d’un ordre professionnel. La mission d’un ordre est de protéger le public, et le public est déjà protégé.

Par ailleurs, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) travaille avec brio à la valorisation de la profession enseignante avec, entre autres, sa campagne Prof ma fierté faisant mieux connaître le travail du personnel enseignant avec tout ce qu’il comporte de merveilles et de difficultés.

Plus de contraintes, moins d’autonomie

Advenant la création d’un ordre professionnel, le personnel enseignant du Québec se retrouverait du jour au lendemain à devoir composer avec plus de règles et de contraintes, alors que ce dont il a besoin, c’est de plus d’autonomie professionnelle.

Lorsque nous tournons notre regard vers l’Ontario, où il existe un tel ordre professionnel, nous constatons que les commissions scolaires, les directions d’établissement et des acteurs extérieurs au milieu de l’éducation pèsent lourd au conseil de l’ordre, bien plus que les profs qui enseignent dans les écoles. Ces derniers sont donc à risque de se voir imposer des contraintes qui n’ont rien à voir avec la réalité du terrain.

Arrêtons de vouloir toujours plus encadrer les profs

Pour favoriser la réussite éducative de ses élèves, le personnel enseignant du Québec a besoin de ressources suffisantes et de plus d’autonomie professionnelle, et non de plus de contraintes.

Nos enseignantes et enseignants sont qualifiés et dévoués à la réussite du million et demi d’élèves qui fréquentent nos établissements scolaires. Ils méritent que nous les appuyions, que nous leur fournissions les ressources nécessaires à leur travail et, surtout, que nous leur fassions confiance!