Message à Gaétan Barrette : ce n’est pas la faute du «maraudage»

5 décembre 2016

350x233pas-la-faute-du-maraudageLa semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux a trouvé l’excuse parfaite pour balayer les critiques du revers de la main. Pour M. Barrette, tout ce qui cloche avec notre système de santé et de services sociaux ne serait qu’une pure invention des organisations syndicales qui se trouvent en période de campagne de changement d’allégeance syndicale (ou maraudage) forcée jusqu’au 24 février 2017.

Une distraction signée Barrette

Mais qu’est-ce que ce maraudage dont parle le ministre Barrette? C’est très simple. En fusionnant les établissements de santé partout au Québec, le ministre est venu créer des mégastructures administratives qui mettent en péril les soins à la population. Avant même la mise en œuvre de cette réforme, les organisations syndicales travaillant en santé et dans les services sociaux ont mis la population en garde contre les dangers et les risques de pertes de services qui y étaient associés. (http://www.louisechabot.ca/2014/11/13/une-reforme-malade-envers-et-contre-tous/).

Or, cette réforme a aussi pour effet de forcer la fusion des accréditations syndicales présentes dans les établissements que l’on vient amalgamer. Cette fusion, personne n’en a voulu. Cela dit, elle force les organisations syndicales à mener une grande campagne pour se faire connaître dans l’espoir de continuer à représenter les travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux. Ce « maraudage » que dénonce Gaétan Barrette, il l’a appelé de ses vœux et il s’en sert allègrement pour discréditer les critiques légitimes des ratées de la gestion inhumaine que sa réforme est venue imposer.

Des effets néfastes qui se font de plus en plus sentir

Au fil du temps, les dangers pressentis de la réforme Barrette sont de plus en plus concrets et on en ressent aujourd’hui les effets néfastes. C’était prévisible. Ces problèmes issus de la création chaotique et précipitée des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) sont de plus en plus faciles à déterminer et à mettre en lumière. Ils ne sont pas le fruit de l’imagination débordante des organisations syndicales, mais bien le reflet de ce que nos militantes et militants constatent sur le terrain. Le ministre aura beau agir comme si nous inventions ces problèmes de toutes pièces, ils ne disparaîtront pas pour autant.

Nous continuerons à dénoncer

Quand le personnel ne suffit plus à la tâche, quand la qualité et l’accessibilité des soins aux patients diminuent, quand la gestion de nos établissements ne tient pas la route, quand le ministre prend des décisions qui ne sont pas à l’avantage du bien public, quand notre système de santé public est mis en péril, nous continuerons à parler haut et fort, et à dénoncer.

N’en déplaise au ministre de la Santé et des Services sociaux, nous continuerons à jouer notre rôle et à défendre les droits de nos membres et de la population. Nous sommes capables de marcher et de manger de la gomme en même temps. Le ministre pensait nous distraire en nous plongeant dans une campagne de changement d’allégeance syndicale. Il n’aura réussi qu’à renforcer notre détermination à défendre notre système public de santé et de services sociaux!