La redistribution de la richesse est en panne

17 janvier 2017

Cette semaine, on apprenait coup sur coup que les deux Canadiens les plus riches possèdent autant de richesse que les 11 millions les plus pauvres1 et que les 8 personnes les plus riches de la planète en détiennent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale2.

Alors que l’on constate cette indécente accumulation de richesses, une étude récente de l’Institut national de la recherche scientifique3 (INRS), en collaboration avec Centraide, montre qu’à Montréal, le nombre de travailleuses et travailleurs pauvres s’est accru de 30 % entre 2001 et 2012. Malheureusement, tout semble indiquer que la tendance va se maintenir.

Des conditions propices aux inégalités

Comment expliquer cette fulgurante montée des inégalités? Comment est-il possible que David Thomson (Thomson-Reuters) et Galen Weston Sr. (Loblaws) aient amassé une telle fortune?

Se pourrait-il que les super-riches aient un accès privilégié à nos dirigeants, comme le laissent croire les frasques de notre premier ministre4? Baisses d’impôts pour les entreprises et les plus riches, et laxisme envers les entreprises et les individus qui s’adonnent à l’évasion fiscale, tout cela laisse penser que certains acteurs pèsent plus lourd que d’autres dans la balance du pouvoir…

Redistribuer la richesse, une bonne idée pour tout le monde

Une société plus juste est une société en meilleure santé. Il y règne une plus grande confiance, il y a moins de crime et plus de liberté. Cela serait à l’avantage de tous, même des plus riches! Certains pays ont réussi à mettre en place des politiques de redistribution de la richesse beaucoup plus égalitaire.

Comment ont-ils réussi à le faire? En se mettant au diapason de leur population qui aspirait à une société qui donne sa chance à tout le monde et, surtout, qui ne laisse tomber personne.

Écouter davantage les citoyennes et citoyens, et moins les entreprises

Le domaine de l’environnement nous fournit moult exemples de la difficulté pour les simples citoyens à se faire entendre de leurs élus qui offrent pourtant une oreille attentive aux représentants des industries gazières et pétrolières, allant même parfois jusqu’à devenir le messager de leurs projets!

Il en va de même en ce qui concerne les grandes fortunes et l’industrie financière. Le gouvernement Trudeau ne vient-il pas d’offrir sur un plateau d’argent aux banques du pays un mode de règlementation plus qu’avantageux5 en les soustrayant à la Loi sur la protection du consommateur?

Et que dire du gouvernement Couillard qui s’obstine à faire la carpette en matière d’évasion fiscale, refusant d’agir alors qu’il en a le pouvoir6? Croit-il vraiment que ses coupes draconiennes dans les services publics sont à l’avantage des citoyens? Est-il véritablement aveugle au fait que ces coupes ne servent qu’à offrir de nouveau des baisses d’impôts à des individus et des entreprises qui n’en ont pas besoin au détriment de la population?

2017, le début de la fin des inégalités?

J’aimerais croire que 2017 sera le début de la fin des inégalités de richesse. Que la minorité possédante sera finalement remise à sa place et que nos politiciens auront le courage d’exproprier la richesse pour bâtir un filet social adéquat. Ce ne sera pas facile, surtout avec le président du 1 % que viennent d’élire nos voisins du Sud, mais je crois sincèrement que le Québec peut devenir le fer-de-lance de cette vague égalitaire, si la volonté politique est au rendez-vous!


1 2 richest Canadians have more money than 11 million combined
2 Oxfam fustige la concentration «indécente» de la richesse dans le monde
3 Montréal : le milieu communautaire sous pression à cause des travailleurs pauvres
4 Trudeau attended cash-for-access fundraiser with Chinese billionaires
5 Trudeau protège les banques
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