Une politique sur la réussite éducative avec les moyens de ses ambitions?

1 mars 2017

« L’éducation est une priorité », c’est ce que le gouvernement Couillard répète depuis un moment. Pourtant, après plusieurs changements de ministre, et de très nombreuses heures de consultation, nous attendons toujours de voir comment le ministre Proulx entend s’y prendre dans la politique annoncée pour favoriser la persévérance scolaire et la réussite éducative des jeunes et des adultes.

Les astres s’alignent

Le moment ne pourrait pas être mieux choisi pour dévoiler les grandes lignes de cette politique. Les braises de la consultation nationale sur la réussite éducative sont encore chaudes, la Commission sur l’éducation à la petite enfance vient de remettre un rapport rempli d’idées intéressantes touchant l’éducation et il a été beaucoup question d’éducation lors du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre tenu à la mi-février.

Nous avons nous-mêmes, comme organisation syndicale, martelé sur toutes les tribunes possibles l’importance de l’éducation, et ce, de la petite enfance jusqu’à l’université, notamment en matière d’accès, d’égalité des chances et de réussite du plus grand nombre de jeunes et d’adultes en formation.

On peut dire qu’il y a un large consensus social à l’égard de l’éducation comme priorité d’action pour le gouvernement.

À temps pour le budget?

Le silence radio momentané du gouvernement concernant cette politique sur la réussite éducative, que tous les acteurs du milieu attendent, a de quoi étonner dans le contexte. Surtout que le prochain budget provincial approche. Dans le cadre des consultations prébudgétaires, nous avons d’ailleurs fait valoir au gouvernement l’absolue nécessité de réinvestir en éducation après quelques années d’un régime d’austérité qui a mis à mal les services aux élèves dans les établissements scolaires.

Mettre en branle une politique nationale, ça ne se fait pas en criant ciseau! Si on veut que cette politique prenne véritablement forme dans le milieu de l’éducation, il faut y accoler les moyens financiers nécessaires. Le dépôt du budget est la meilleure occasion pour le gouvernement Couillard de prouver que l’éducation est une véritable priorité et non un écran de fumée.

Les incontournables

La future politique est fort attendue, car elle a l’ambition de favoriser la persévérance scolaire et la réussite éducative pour tous les élèves du Québec, jeunes comme adultes. En ce sens, il faudra tenir compte de plusieurs facteurs :

  • Bonifier les politiques sociales afin d’améliorer les conditions de vie des élèves, jeunes comme adultes;
  • Améliorer les conditions d’apprentissage pour tous les élèves;
  • Améliorer les conditions d’exercice du personnel de l’éducation;
  • Valoriser le travail du personnel de l’éducation;
  • Mettre de l’avant une vision positive de l’éducation;
  • Éliminer la concurrence malsaine entre les établissements d’enseignement.

Au sortir de la consultation nationale sur la réussite éducative, en décembre dernier, j’affirmais que la nouvelle politique devrait se déployer rapidement en un plan d’action concret, accompagné des ressources nécessaires, pour permettre au personnel de l’éducation d’accompagner les élèves québécois vers la réussite. Il est temps d’agir!