Lab-École : parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en!

5 avril 2017

Je n’en parlerai ni en bien ni en mal, mais je vais vous en parler, car il y a plusieurs choses qui m’interpellent et qui me dérangent dans ce projet de Lab-École qui suscite bien des malaises depuis que les médias ont révélé son existence au public.

L’éducation, ce n’est pas Écho Vedettes

L’importance disproportionnée que l’on accorde à l’opinion de ces trois vedettes du monde « des affaires » est à la source de ce malaise. Certes, on les aime bien. Comment faire autrement? Ils bougent et font bouger, ils mijotent de bons petits plats et fournissent les recettes pour les jours sans inspiration, ils veulent améliorer la beauté de nos espaces publics, ce sont de belles prises pour le ministre Proulx!

Sauf que… j’en connais beaucoup des gens comme eux qui ont des idées, qui ont de l’énergie à revendre, qui bâtissent et qui sont imaginatifs dans l’art de leur métier. Pourtant, le ministre les laisse dans l’ombre!

Des projets à la tonne

Dans nos écoles et nos centres, il y a trois catégories de personnel hors du commun : le personnel enseignant, le personnel de soutien et le personnel professionnel. Des projets-écoles novateurs, stimulants et probants qui font la différence dans le parcours scolaire de nos jeunes, dans leur développement, dans leur réussite et dans leur environnement, il y en a déjà des tonnes!

Les véritables vedettes de l’éducation, ce sont ces femmes et ces hommes qui ne reçoivent pas toute la reconnaissance de leur statut. Présentes dans toutes les régions du Québec, elles sont les mieux placées pour penser l’école de demain.

Plus que des figurants

L’automne dernier, lors des rencontres du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, pour faire valoir ce dont le monde de l’éducation a besoin pour favoriser la réussite éducative, le personnel enseignant, de soutien et professionnel ont su présenter les problèmes rencontrés dans nos écoles et nos centres à partir de la réalité du terrain.

Ils ont proposé des tonnes de solutions et donné au ministre tous les ingrédients qu’il faut pour mettre de l’avant un projet et une vision nationale de l’école publique d’aujourd’hui et de demain.

Le laboratoire d’idées pour l’école, le vrai, celui de nos experts terrain, saura-t-il faire la différence auprès du gouvernement et de l’opinion publique? Le personnel de l’éducation aura-t-il droit à la même écoute que nos trois vedettes?

Après tout, on nous a donné espoir d’une vision globale en éducation. Une vision qui va de la petite enfance à l’université et tout au long de la vie. Pour cela, les membres du personnel de l’éducation doivent être plus que des figurants.

Passons au programme principal

La politique nationale sur la réussite éducative se fait toujours attendre. Nous avons participé aux consultations du ministre Proulx de bonne foi et voilà que les distractions recommencent. Au lieu de passer enfin au programme principal, nous voilà pris dans une valse de bandes-annonces…

Le premier ministre Philippe Couillard, qui s’est autoproclamé le tout premier premier ministre de l’Éducation, et Sébastien Proulx, son quatrième ministre de l’Éducation en trois ans, auront fort à faire pour nous convaincre que l’éducation est la priorité de leur gouvernement.