Explosion du coût des médicaments : Québec doit reprendre le contrôle!

21 avril 2017

C’est bien connu, un des points de dépense les plus importants dans le réseau de la santé est le coût des médicaments1. Au Québec, les dépenses totales en médicaments prescrits atteignaient près de 7,7 milliards de dollars en 2014, soit 35 % de plus que dans les autres provinces canadiennes. Cette flambée des prix des médicaments a des répercussions majeures sur le coût des primes d’assurances privées des particuliers2. Tout cela fait de plus en plus mal à nos portefeuilles et à notre bas de laine collectif.

Pourquoi ces augmentations?

Qu’est-ce qui explique cette hausse vertigineuse du coût des médicaments au Québec? Serait-ce le prix des molécules? C’est difficile à dire, car tous types de médicaments confondus (brevetés ou génériques), les Québécoises et Québécois paient parmi les prix les plus élevés de la planète pour leurs médicaments, et ce, depuis des décennies.

Il est vrai que notre taux d’achats de médicaments génériques par rapport aux médicaments brevetés est moins élevé qu’ailleurs au Canada (59 % des réclamations québécoises le sont pour des médicaments génériques, c’est 68 % pour le reste du pays). On prescrit aussi au Québec plus de médicaments et la consommation de certains médicaments « vedettes » est plus élevée ici qu’ailleurs.

Pour trouver la principale cause, il faut plutôt regarder du côté de notre pouvoir de négociation limité en raison de la segmentation du marché. Le fait d’avoir une multitude d’assureurs privés, en plus d’un régime public, réduit de beaucoup notre rapport de force collectif face aux compagnies pharmaceutiques.

Une solution simple à un problème coûteux

Depuis son élection en 2014, le gouvernement de Philippe Couillard n’a de cesse de nous plonger dans un exercice de « rigueur budgétaire » qui a entraîné des coupes importantes dans les services à la population. On réduit les dépenses partout… sauf dans le cas d’une des plus grosses dépenses : le coût des médicaments!

Dans le contexte où de plus en plus de gens se voient privés de services essentiels en santé et services sociaux, le gouvernement a le devoir d’agir avec diligence. Il doit prendre ses responsabilités et cesser de faire des économies sur le dos des patientes et patients et du personnel de la santé. Il doit reprendre le contrôle de la situation et faire adopter sans tarder une nouvelle politique du médicament basée sur un régime entièrement public d’assurance médicaments.

Il y a un remède aux coupes

À cet effet, la campagne Le remède aux coupures de la Coalition Solidarité Santé (http://remedeauxcoupures.cssante.com/) a été lancée depuis quelque temps. Plus de 6 500 citoyennes et citoyens ont acheminé une lettre à leur député demandant que le gouvernement adopte de toute urgence un régime entièrement public d’assurance médicaments au Québec afin qu’il puisse investir les économies ainsi réalisées (soit de 1 à 3 milliards de dollars annuellement pour le Québec seulement) dans les programmes sociaux et les services publics. Force est de constater que l’initiative est encore aujourd’hui plus pertinente que jamais. Faites comme moi, interpellez vos élus en participant en grand nombre à cette campagne. C’est simple et rapide!


1Médicaments : des prix qui font mal au portefeuille
2Le point sur le coût des médicaments