Les femmes en action pour les services publics

25 avril 2017

Hier s’amorçait une semaine d’action des centres de femmes pour revendiquer un réinvestissement massif dans les services publics, de concert avec la coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes. L’Intersyndicale des femmes qui soulignera cette année ses 40 ans était de la partie.

Les services publics : vecteurs d’égalité

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) nous apprenait qu’encore aujourd’hui, en 2017, la question de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est toujours d’actualité. En effet, non seulement les secteurs à prédominance féminine sont encore moins rémunérés, mais les femmes se trouvent à devoir composer avec la double responsabilité de leur carrière et de leur famille, ce qui les force, en quelque sorte, à occuper des emplois leur permettant de s’acquitter des obligations familiales1.

En attendant que l’égalité des sexes se manifeste sur le plan familial2 et que le milieu du travail s’adapte aux réalités des familles d’aujourd’hui, les services publics aident à atténuer un tant soit peu les inégalités. Les services de garde publics subventionnés, par exemple, donnent la chance aux femmes de retourner sur le marché du travail en toute confiance, et sans se ruiner ! Il en va de même pour les soins à domicile ou nos services de santé qui donnent un répit aux aidantes naturelles. Couper dans ces services a un coût et ce sont les femmes, en majorité, qui l’assument3.

Réinvestir doit être une priorité

Le gouvernement de Philippe Couillard doit cesser de tergiverser et de créer artificiellement des surplus budgétaires pour empiler des sommes indécentes dans le Fonds des générations et réinvestir massivement dans les services publics, de manière à répondre aux besoins réels de la population.

Ces surplus découlent directement des coupes dans les services auxquels la population du Québec a droit. On ampute littéralement les services aux plus démunis pour renflouer les coffres des entreprises et des citoyens les plus riches. Au lieu d’économiser sur le dos des plus vulnérables, le gouvernement pourrait s’inspirer des propositions émanant des groupes syndicaux et communautaires qui ont des propositions bien concrètes pour renflouer les coffres de l’État.

La semaine dernière, je faisais état dans ce blogue d’une solution pour épargner entre un et 3 milliards de dollars annuellement en coût d’achat de médicaments4. La semaine précédente, je faisais référence à une étude de l’IRIS qui révélait qu’une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure dégagerait une marge de manœuvre budgétaire d’environ un milliard5. Avec autant de solutions possibles, pourquoi persister à faire la sourde oreille et continuer cette logique de compressions tous azimuts? Pour les femmes et pour l’ensemble de la population du Québec, un réinvestissement massif s’impose et l’argent est disponible pour le faire.


1Salaires inégaux, à qui la faute?
2Encore quelques brassées avant l’égalité homme-femme
3Les femmes, premières victimes des mesures d’austérité au Québec
4Explosion du coût des médicaments : Québec doit reprendre le contrôle!