La formation générale aux adultes a besoin de ressources

26 mai 2017

On entend beaucoup parler des élèves en difficulté dans nos écoles. Plus précisément, on s’indigne du manque de services offerts pour les aider dans leur parcours scolaire. Cependant, on parle beaucoup moins des problèmes criants des élèves inscrits à la formation des adultes, dont près de 70 000 ont entre 16 et 18 ans, et ce secteur mérite toute notre attention.

À l’approche du dépôt d’une politique sur la réussite éducative qui se fait attendre depuis un bon moment déjà, j’en profite pour attirer l’attention du ministre Sébastien Proulx sur ce sujet.

Des difficultés qui ne disparaissent pas par magie

Ce n’est pas tout le monde qui peut affirmer avoir eu un parcours scolaire dénué d’embûches. Pour plusieurs jeunes, le chemin n’est pas en ligne droite. Il peut être cahoteux, parsemé de détours. Il arrive qu’un jeune décroche. Il arrive aussi de plus en plus souvent qu’il décide de revenir sur les bancs d’école pour terminer son secondaire et poursuivre ses études.

Parfois, c’est Emploi-Québec qui finance même le retour à l’école de ces jeunes et moins jeunes pour améliorer leur employabilité. Par contre, cette aide vient avec une limite de temps pour réussir et c’est là que le bât blesse en raison de l’absence de servies aux élèves.

Des services inexistants pour les adultes

Un jeune qui a des difficultés avant de décrocher de l’école régulière où il avait droit à des services professionnels continuera à en éprouver le besoin une fois adulte. Pour faire simple : la dyslexie ne disparaît pas par magie lors de l’inscription à la formation générale aux adultes!

Ne serait-il pas avisé de fournir tous les outils nécessaires à la réussite de ces adultes motivés à poursuivre leur éducation? Ne serait-ce pas là un moyen efficace et concret de favoriser la réussite éducative?

L’argent : un frein à la formation aux adultes

Les commissions scolaires reçoivent actuellement une enveloppe fermée pour l’éducation aux adultes. Contrairement à la formation régulière qui reçoit un budget en fonction des élèves inscrits, la formation aux adultes doit limiter ses inscriptions et dépenses en fonction du budget fixe établi à l’avance.

Dans ce contexte, il arrive encore trop fréquemment que des commissions scolaires limitent les inscriptions ou créent des listes d’attente pour les programmes de formation générale aux adultes. Quand on sait que 19 % des adultes ont des difficultés majeures en littératie, c’est un non-sens!

À l’heure où le Québec cherche à répondre à des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée dans un avenir proche, ne devrait-on pas plutôt mettre le paquet pour aider un maximum de citoyenne et citoyen à terminer leurs études et avoir tous les outils pour faire leur place dans le Québec de demain?