L’égalité entre les femmes et les hommes : plus qu’une affaire de mots

22 septembre 2017

Ainsi, l’égalité entre les femmes et les hommes serait « presque acquise », selon les mots de la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme. A-t-elle été mal citée ou mal comprise ? Donnons-lui le bénéfice du doute. Cela m’a tout de même laissée perplexe quant à la vision ou à l’intention derrière cette affirmation, surtout en entendant aussi les propos sur le changement de nom envisagé du Conseil du statut de la femme. Pour mettre fin aux inégalités entre les femmes et les hommes qui persistent (j’espère que personne n’en doute!), il ne suffit pas de l’écrire. L’égalité, c’est plus qu’une affaire de mots.

Des gestes concrets

Encore aujourd’hui, les femmes font plus de tâches domestiques que les hommes et elles gagnent encore moins que les hommes pour un travail égal. Les commentaires sexistes et misogynes sont loin d’être chose du passé et nous vivons encore dans une société où le harcèlement sexuel et psychologique est le fardeau des victimes qui sont en grande majorité des femmes.

La Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes vers 2021 déposée par le gouvernement libéral est un pas dans la bonne direction. L’annonce d’un projet de loi-cadre pour que l’égalité de fait devienne un droit est significative, en ce sens qu’elle reconnaît explicitement que ce n’est pas encore le cas.

Le Québec comme les pays scandinaves?

La présidente du Conseil du statut de la femme plaide pour que l’on modifie le nom du Conseil pour refléter cette « égalité qui serait acquise au Québec », comme dans les pays scandinaves où l’on parle plutôt d’égalité des genres. C’est oublier que dans ces pays, des lois ont accéléré la marche de l’égalité.

En Suède, par exemple, l’État a accordé des congés parentaux plus longs pour les pères, leur permettant de prendre soin de leurs enfants au même titre que les mères, le tout accompagné de vastes campagnes de sensibilisation auprès des entreprises et de la population. On n’a pas hésité non plus à imposer des quotas de 50 % de candidatures féminines dans les listes électorales des partis ou au sein des conseils d’administration des entreprises et des organismes publics.

Je serais en accord avec un changement de nom du Conseil du statut de la femme si l’idée était de mettre les « femmes » au pluriel plutôt qu’au singulier. Mais mon accord s’arrête ici. Vouloir « genrer » le nom du Conseil, c’est plus que jouer avec les mots. C’est nier l’existence des inégalités de fait, minimiser la portée de la mission du Conseil et restreindre sa pleine autonomie dans toutes les dimensions touchant les conditions des femmes.

Agir contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité

Les féministes de partout dans le monde combattent encore et toujours les violences faites aux femmes. Tant et aussi longtemps que la violence envers les femmes ne sera pas endiguée, nous ne pourrons pas réellement parler d’égalité.

Pour atteindre véritablement l’égalité entre les femmes et les hommes, il faut des gestes concrets et la conviction qu’il faut agir. Dire que l’égalité est en voie de l’être ne suffira pas. Baisser les yeux non plus!