Engageons-nous pour l’action communautaire autonome !

26 septembre 2017

Dire que les groupes d’action communautaire autonomes en arrachent depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral de Philippe Couillard serait un euphémisme. En fait, ils subissent une double pression. D’une part, l’État se désengage des services publics par ses compressions et ses réformes poussant ainsi de plus en plus de gens désemparés vers les organismes communautaires. D’autre part, le gouvernement coupe les vivres à ces mêmes organismes en ne leur donnant pas suffisamment de fonds pour accomplir leurs diverses missions principales.

Les groupes communautaires du Québec ont des missions variées : cuisines collectives, lutte à la pauvreté, aide à l’emploi, défense des locataires, groupes de femmes, maisons de jeunes, entraide pour les familles, groupes de soutien en santé mentale ou groupes pour les aînés, et j’en passe !

Ces 4 000 organismes sont bien ancrés dans leurs communautés et offrent des services tant de première ligne que de dernier recours pour une grande partie de la population. C’est d’ailleurs de ces communautés que part l’action communautaire autonome. C’est aux communautés à définir leurs besoins et la manière d’y répondre.

Cette philosophie s’était vue confirmer en 2001 avec la Politique de reconnaissance de l’action communautaire qui engageait toutes les instances gouvernementales à respecter l’autonomie des groupes, à mettre en place ou à maintenir des programmes de financement particuliers à l’action communautaire autonome et à reconnaître pleinement son importance ainsi que celle des groupes de défense collective des droits.

Le gouvernement doit respecter ses engagements

Malheureusement, force est de constater que la parole du gouvernement ne vaut pas grand-chose en cette matière. De nombreux ministères ne respectent pas cette politique, notamment en établissant des règles de financement très strictes qui restreignent l’autonomie des groupes communautaires. Le gouvernement doit les rappeler à l’ordre.

Le rôle des groupes communautaires n’est pas de remplacer les services publics, c’est de répondre aux besoins des communautés au sein desquelles ces groupes évoluent.

Une contribution essentielle qui mérite un financement à sa mesure

Dans sa politique, le gouvernement reconnaît que l’action communautaire autonome est « une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec ». Pourtant, le financement de base des groupes ne suit même pas l’inflation. Certains ne reçoivent aucune subvention gouvernementale et dépendent entièrement de fondations privées.

Les groupes communautaires réclament un financement additionnel de 475 millions de dollars par année, soit 0,7 % du budget du Québec. Pour 4 000 groupes, c’est loin d’être trop demander, surtout que le gouvernement Couillard a dégagé des surplus budgétaires indécents sur le dos de la population à laquelle il coupe sans cesse plus de services.

Demain, le 27 septembre, les groupes communautaires manifesteront à Québec pour ce financement et pour la reconnaissance de leur apport essentiel à la société. Soyons-y avec eux!