Éducation à la sexualité : La finance avant la décence

20 octobre 2017

Dans la foulée du mouvement #Moiaussi, des dizaines de femmes et d’hommes ont dénoncé les comportements inacceptables de certaines personnalités du showbiz québécois, ainsi que d’autres personnes qui n’ont pas la même aura publique. C’est dans ce contexte que le gouvernement Couillard semble enfin se rendre compte que ces scandales médiatiques ne sont en fait que la pointe de l’iceberg.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que des femmes mettent leurs tripes sur la table. On ne peut tout simplement pas rester de glace en entendant ces témoignages. Vous souvenez-vous d’#agressionnondénoncée et de toutes ces discussions autour de la culture du viol? Et bien cette fois, le temps de réaction est un peu plus rapide, même si on avait pu agir bien plus tôt!

Un programme d’éducation à la sexualité d’ici 2018

Depuis un bon moment déjà, les groupes de femmes, les organisations syndicales et le personnel de l’éducation le répètent : nous avons grand besoin de mettre sur pied un programme d’éducation à la sexualité obligatoire pour outiller nos jeunes aux rapports et à l’égalité entre les genres, au consentement, à l’expression saine de sa sexualité, etc.

Nous disons au ministre qu’un tel programme, afin qu’il soit un réel succès, doit être bien planifié et que le personnel de nos écoles doit être formé adéquatement et, surtout, qu’il doit avoir toutes les ressources en main.

Malheureusement, le ministre a préféré tout miser sur l’éducation financière en répondant ainsi à la pression du lobby des marchés financiers.

L’intérêt supérieur des élèves et de la société

Sébastien Proulx affirme vouloir trouver le moyen de faire en sorte que tous les élèves du Québec puissent avoir accès à un programme d’éducation à la sexualité dans les prochaines années, de la première année du primaire à la fin du secondaire.

Or, il a eu le choix lorsqu’il a décidé d’imposer le cours sur l’éducation financière. Il a décidé qu’il était plus urgent d’apprendre aux jeunes « à gérer leur facture de cellulaire » plutôt que de les préparer à avoir des rapports de genre égalitaires. Il aura préféré faire plaisir aux institutions financières plutôt que de miser sur la prévention et l’éducation pour mettre fin à la culture du viol.

Comme société, si l’on veut prévenir les violences sexuelles, nous devons absolument miser sur la prévention et l’éducation. Donner un million de dollars supplémentaires aux organismes qui viennent en aide aux victimes, c’est bien. Tuer dans l’œuf la potentialité des agressions, c’est encore mieux. La balle est dans votre camp monsieur Proulx.