Positionner la formation professionnelle, ça presse!

8 février 2018

Depuis quelques mois, les expressions « plein emploi », « rareté de main-d’œuvre » et « postes à pourvoir » sont récurrentes dans l’actualité.

Pourquoi cet intérêt soudain? Parce que 1,3 million d’emplois seront à combler dans les prochaines années. Une des solutions à cet enjeu repose sur la formation professionnelle. En effet, une bonne partie des emplois qui seront disponibles nécessitent un diplôme de la formation professionnelle.

On n’a qu’à penser au réseau de la santé au sein duquel le manque de préposées et préposés aux bénéficiaires a fait la manchette plusieurs fois ou au milieu du transport offrant plusieurs postes de conducteurs d’autobus qui ne sont toujours pas pourvus.

Des mythes à déconstruire

La formation professionnelle a longtemps été mise de côté par méconnaissance, mais il est grand temps qu’on la positionne et qu’on la considère à sa juste valeur, soit comme une formation qualifiante et transférable.

Des défis qu’on peut relever

La formation professionnelle est une formation de qualité, donnée par du personnel enseignant qualifié et la satisfaction des employeurs envers les finissantes et finissants de la formation professionnelle en témoigne. On peut cependant faire beaucoup mieux!

Premier défi : il est nécessaire d’augmenter le nombre de jeunes choisissant cette formation. La moyenne d’âge y est de 28,5 ans; c’est une voie de « retour aux études » pour les adultes. Il est essentiel de travailler ensemble, le ministère, les parents et le personnel, afin qu’elle devienne une véritable option.

La reconnaissance du personnel

Deuxième défi : remédier à la rareté du personnel enseignant en formation professionnelle et le valoriser. En effet, on constate que les enseignantes et enseignants de la formation professionnelle se font de plus en plus rares et ce n’est pas si surprenant quand on constate que 70,43 % d’entre eux ont un statut précaire.

Il faut donc rehausser les conditions d’exercice en formation professionnelle afin d’attirer le personnel nécessaire et, également, de le retenir.

On ne le dira jamais assez : la meilleure façon de positionner la formation professionnelle, c’est en commençant par donner les moyens au personnel qui y travaille : le personnel enseignant, de soutien et professionnel.

Des services, ça presse!

En parlant du personnel de soutien et du personnel professionnel, il est inconcevable que la loi ne prévoie aucun service complémentaire pour soutenir les élèves de plus de 18 ans en formation professionnelle. Pourtant, les défis des élèves en difficulté ne disparaissent pas comme par magie lorsque ceux-ci arrivent à la formation professionnelle. Il est impératif d’augmenter le personnel de soutien et le personnel professionnel afin de soutenir le personnel enseignant et de pouvoir aider adéquatement les élèves.

Dans le même esprit, il faut garder en tête que des ressources doivent être disponibles pour assurer des activités de mise à niveau pour les élèves. Un jeune qui vient de terminer son secondaire n’a pas du tout la même réalité qu’un élève de 30 ou 40 ans qui a oublié une bonne partie de ses acquis du secondaire.

L’importance d’agir rapidement

Voici donc des solutions qui, si elles sont mises en place à court terme, pourront donner véritablement le coup de barre dont la formation professionnelle à temps besoin.

Cela fait plusieurs années qu’on tape sur le clou et qu’on martèle l’importance d’agir en ce sens.

Si le ministre de l’Éducation est sincère quand il affirme que la formation professionnelle n’est pas « un prix de consolation », il doit entendre la voix du personnel qui y travaille et rapidement mettre en place un véritable plan d’action, avec des mesures concrètes applicables à court terme, des mesures qui feront rayonner la formation professionnelle et qui la feront enfin reconnaître à sa juste valeur.